Service canadien du renseignement de sécurité
Comment les agences canadiennes utilisent l'IA pour défendre la sécurité nationale
L'organisme national de surveillance des services de renseignement se penche actuellement l'utilisation et la gouvernance de l'intelligence artificielle par les agences de sécurité canadiennes.
L'Office de surveillance des activités en matière de sécurité nationale et de renseignement a écrit aux principaux ministres et organismes fédéraux pour les informer de cet examen.
Voici un aperçu de la manière dont certaines organisations fédérales utilisent les outils d'intelligence artificielle (IA) pour soutenir les opérations de sécurité nationale, de renseignement et d'évaluation des risques.
Service canadien du renseignement de sécurité
Le SCRS a pour mission de protéger le Canada contre l'espionnage, le terrorisme et l'ingérence étrangère.
Le service de renseignement lancera un projet pilote au début de l'année afin d'évaluer des outils d'IA pouvant être utilisés pour la transcription de contenus audio, la traduction de documents et l'examen de documents afin d'aider ses analystes, a fait savoir son porte-parole, Eric Balsam.
Le SCRS mettra aussi à l'essai un outil de type robot conversationnel pour aider à rédiger, éditer et résumer des documents.
Les résultats des systèmes d'IA sont toujours soumis à une révision par un humain afin de garantir leur exactitude et leur pertinence, a précisé M. Balsam.
Les technologies d'IA envisagées par le SCRS font l'objet d'une évaluation d'impact algorithmique afin d'évaluer les risques et de gérer les effets négatifs éventuels.
L'agence d'espionnage sollicite également l'avis du ministère de la Justice sur les considérations juridiques relatives à l'utilisation proposée de l'IA, a souligné M. Balsam.
Gendarmerie royale du Canada
Dans un rapport de 2024 portant sur ses technologies opérationnelles, la GRC a dévoilé qu'elle utilise la «correspondance faciale», une fonctionnalité intégrée à certaines applications logicielles utilisées pour le traitement, le tri et l’analyse de grands volumes d’images et de vidéos.
«La GRC utilisera cette technologie exclusivement pour traiter les éléments de preuve qui ont été obtenus légalement dans le cadre d’une enquête», pouvait-on lire dans le rapport.
Si l'IA offre un potentiel de traitement et d'analyse efficaces et innovants des données dans le contexte du maintien de l'ordre et de la sécurité nationale, elle présente également certains défis, a reconnu Robin Percival, porte-parole de la GRC.
Il s'agit notamment de garantir la collecte et l'utilisation légales et éthiques des informations personnelles, d'empêcher toute utilisation abusive potentielle des informations ou l'utilisation d'informations inexactes, ainsi que d'empêcher l'accès aux données par des parties non autorisées.
La GRC a mis en place une équipe responsable d'élaborer une politique en matière d'IA afin de développer un cadre pour l'adoption responsable des outils d'intelligence artificielle, a indiqué Mme Percival.
Cela impliquera la création de groupes de travail et la rédaction de politiques permettant aux employés de la GRC de tirer davantage parti des nouvelles technologies, a-t-elle ajouté.
Centre de la sécurité des télécommunications Canada
Le CST, l'agence canadienne de cyberespionnage, utilise l'intelligence artificielle pour aider à défendre les systèmes fédéraux et les infrastructures critiques contre les cybermenaces.
La stratégie du CST en matière d'intelligence artificielle consiste à détecter des modèles dans de vastes quantités de données. «L’apprentissage automatique facilite la détection d’une gamme de menaces et permet d’assurer la sécurité de ces systèmes et de ces réseaux», peut-on lire dans la stratégie.
L'agence, qui est depuis longtemps à la pointe de l'innovation technique, utilise également l'IA pour la classification des logiciels malveillants.
«La classification des maliciels basée sur l’apprentissage automatique est capitale pour le CST, puisqu’elle facilite la détection et l’analyse des cybermenaces sophistiquées que les antivirus standard n’arrivent pas à détecter», est-il écrit dans la stratégie.
Les réseaux du gouvernement fédéral sont souvent la cible d'attaques menées par des adversaires étrangers à l'aide de logiciels malveillants conçus sur mesure, ce qui exige des capacités de détection plus poussées que ce que peuvent offrir les logiciels antivirus commerciaux.
Dans les années à venir, les capacités de l'IA deviendront plus importantes pour les efforts du CST visant à protéger les Canadiens.
Affaires mondiales Canada
Un outil de recherche et d'analyse de documents appelé Déchiffreur de documents a été développé pour aider les fonctionnaires d'Affaires mondiales Canada à trouver rapidement les informations dont ils ont besoin, selon un registre fédéral des projets d'IA au sein du gouvernement publié l'année dernière.
«Déchiffreur de documents permet aux utilisateurs d'effectuer des recherches dans un grand nombre de documents à l'aide d'une plateforme d'indexation sophistiquée et de surveiller automatiquement les nouveaux documents pour détecter des sujets spécifiques, des tendances émergentes et des mentions de personnes, de lieux et d'organisations clés», peut-on lire dans le registre.
«Ces fonctionnalités permettent aux responsables d'identifier rapidement les questions urgentes, de formuler une position privilégiée et de suivre l'évolution des positions des autres pays.»
Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada
Le programme fédéral des passeports utilise la technologie de reconnaissance faciale pour appuyer l'authentification de l'identité, aider à détecter la fraude et empêcher la délivrance de passeports et de documents de voyage à des demandeurs non admissibles, selon le registre fédéral de l'IA.
Transports Canada
Le projet «Outil d'évaluation des risques et des conflits» est une initiative fondée sur des données dirigée par le Bureau d’information sur les zones de conflit. Il vise à améliorer la capacité du Canada à surveiller et à évaluer les menaces liées aux conflits mondiaux pour l'aviation civile, selon le registre de l'IA.
L'outil a été conçu pour simplifier le processus manuel et gourmand en ressources de suivi des médias ouverts, d'analyse des données et d'évaluation des risques en tirant parti des technologies d'automatisation et d'IA.
Jim Bronskill, La Presse Canadienne
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