COVID-19
Selon la CSN, le gouvernement doit «dépoussiérer les lois en matière de santé et sécurité du travail»
Deux vagues de pandémie de COVID-19 qui frappent : les milieux de travail n’auront jamais été aussi fortement soumis aux multiples défis que représente la santé-sécurité du travail (SST). Les 300 000 membres de la CSN doivent adapter leur quotidien et placer la SST au centre de leurs préoccupations. Or, la CSN estime qu'il s’agit d’une responsabilité partagée.
« Je veux inciter les travailleuses et les travailleurs du Québec à se protéger, mais aussi à être très vigilant-es face aux employeurs pour que ceux-ci fournissent les équipements de protection individuelle adéquats. Il est primordial de défendre le droit de travailler sans risquer sa vie ou celle de nos proches », martèle Guillaume Granger, vice-président du Conseil central de Lanaudière, CSN.
Le Québec « en queue de peloton »
Pour accroître la protection des travailleuses et des travailleurs, le gouvernement Legault doit agir de toute urgence.
La CSN demande au ministre du Travail, Jean Boulet, de déposer au plus vite les projets de loi qu’il devait présenter en 2019 afin de moderniser la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST) et la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles (LATMP). Ces deux lois doivent être dépoussiérées sans délai.
Selon la CSN, si le Québec agissait en réel précurseur dans les années 80 en matière de SST, la province traîne désormais en queue de peloton. Aujourd’hui, 75 % des travailleuses et travailleurs ne sont pas protégés par les mécanismes de prévention législatifs.
Aussi, alors que le monde du travail change à la vitesse grand V, la liste des maladies professionnelles reconnues n’a été ni revue ni mise à jour depuis son adoption en 1985. Par exemple, les maladies à caractère psychologique n’y figurent même pas.
Actuellement, dans le cadre de la Semaine nationale de la santé et de la sécurité du travail (semaineSST.org), la CSN et le Conseil central de Lanaudière réitèrent l’importance d’adopter des mesures préventives visant l’élimination des dangers à la source. En ce sens, la réforme des lois est un allié incontournable.
Rafraîchir la loir
Pour Christian Cardin, responsable du dossier SST du syndicat national des travailleuses et des travailleurs des pâtes et papiers de Crabtree, il est évident que les changements demandés sont nécessaires depuis fort longtemps : « Croyez-le ou non, notre secteur industriel n’est pas assujetti à des mécanismes législatifs puissants. Syndicalement, nous devons mener des batailles et négocier auprès de l’employeur, les trous béants laissés par le politique. Il faut que le gouvernement incarne le bon père de famille et agisse dès maintenant pour mieux nous protéger ».
Dans le secteur de la santé et des services sociaux, le besoin de rafraichir la loi est criant. « Même avant la gestion de la pandémie, c’était problématique. Imaginez en ce moment ! », lance Simon Deschênes, président du syndicat des travailleuses et des travailleurs du CISSS de Lanaudière.
Il ajoute que « les lois en matière de santé et de sécurité au travail ont besoin d’un coup de barre et doivent impérativement s’adapter aux besoins du terrain, ce qui est loin d’être le cas depuis plusieurs années et particulièrement depuis le début du Covid-19 ».
Rappelons que dans le secteur public (santé services sociaux et éducation), le gouvernement a un double rôle, celui d’employeur et de législateur.
« Le gouvernement de la CAQ doit saisir l’occasion et s’élever au-delà de ce double rôle et faire preuve de leadership en matière de santé et de sécurité au travail », conclut Guillaume Granger, vice-président du conseil central de Lanaudière CSN.
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