Coalition Québec Meilleure Mine et MiningWatch pointent les "millions de tonnes de déchets"
Projet minier à Saint-Michel-des-Saints: des risques majeurs pour l’eau selon deux experts
Le projet est situé en plein cœur d’un milieu de villégiature et d’écotourisme, à deux pas du Parc national du Mont-Tremblant et à l’intérieur du Parc régional du Lac Taureau.
La Coalition Québec Meilleure Mine et l’organisme MiningWatch Canada rendent publiques deux nouvelles études qui confirment des risques majeurs de contamination de l’eau du projet minier de Nouveau Monde Graphite (NMG) à Saint-Michel-des-Saints, dans Lanaudière. Les organismes ont déposé mardi les deux études au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), qui débute son enquête.
« Les constats des deux experts sont clairs : la méthode proposée pour l’enfouissement de millions de tonnes de déchets miniers n’est pas éprouvée. Ces déchets contiennent des tonnes d’acides et de métaux lourds qui posent des risques majeurs de contamination à court et à très long terme », affirme Ugo Lapointe, coporte-parole de la coalition et coordonnateur à MiningWatch Canada.
Les deux experts, l’ingénieur minier Jim Kuipers et le professeur émérite Philippe Marion, identifient une douzaine de lacunes et de risques importants dans les évaluations actuelles du promoteur. Ils concluent que NMG « sous-estime » des risques majeurs pour l’eau et, à l’inverse, « surestime » la méthode proposée pour empêcher la pollution à court et à long terme (plus de 100 ans).
Méthode non éprouvée
Dans la première étude, M. Kuipers (Kuipers & Associates), souligne que la méthode proposée de « co-déposition » des déchets miniers « à sec », avec « une barrière capillaire en couverture », demeure « hautement spéculative, non testée et non prouvée ». Il ajoute que l’efficacité de cette méthode n’a pas été démontrée sur le terrain, ni par le promoteur, ni ailleurs dans le monde avec un site « contenant de telles quantités de contaminants sulfurés et réactifs ni dans un climat nordique et humide ».
La deuxième étude du Dr. Marion, ingénieur avec plus de 30 ans d’expérience et professeur émérite à l’École Nationale Supérieure de Géologie de l’Université de Lorraine (France), abonde dans le même sens. Il déplore notamment « le manque de données cruciales » dans les tests actuels de la minière pour « empêcher la réactivité chimique des minéraux contaminants ». Il souligne que le stockage proposé des déchets miniers « n’est démontré ni au niveau géochimique ni des risques réels d’oxydation et de mobilisation des contaminants ».
Des coûts pour la société et une "population divisée"
Les deux experts mettent en garde le public autant contre les coûts environnementaux que les coûts financiers associés à la gestion des déchets miniers. M. Kuipers conclut dans son rapport : « Les coûts financiers et environnementaux associés à ces risques, à la fois pour les populations locales et pour l’ensemble de la société, ne sont pas pleinement pris en compte » dans les évaluations actuelles du promoteur.
« Contrairement à ce que laisse entendre le promoteur, la population est bel et bien divisée. Les sondages que NMG sort à répétition ne tiennent pas pleinement compte des villégiateurs, qui représentant pourtant près de 50% de la population locale. Plus les gens s’informent, plus ils émettent des réserves face au projet », conclut May Dagher, de la Coalition des opposants à un projet minier en Haute-Matawinie (COPH)
RECOMMANDÉS POUR VOUS

Les bienfaits de l'exercice physique face à un cancer
La pratique d'une activité physique structurée chez les patients atteints d'un cancer est associée à une amélioration de la survie et à une réduction du risque de récidive, allant donc bien au-delà des soins de soutien et des traitements symptomatiques, rapporte une nouvelle méta-analyse taïwanaise. Ces résultats s'inscrivent dans le ...
LIRE LA SUITE
Le taux de fécondité a légèrement augmenté au Québec en 2025
Le nombre de naissances d'une année à l'autre a augmenté au Québec en 2025 pour la première fois depuis 2021, mais reste bien en deçà du seuil prépandémique. Statistique Canada a recensé 78 200 naissances en 2025, soit 974 bébés de plus qu'en 2024, où 77 226 nouveaux Québécois avaient vu le jour. Le taux de fécondité a lui aussi ...
LIRE LA SUITE
Les escaliers sont bons pour le cœur
Les personnes qui montent régulièrement des escaliers pourraient présenter un risque nettement moindre de développer des problèmes cardiovasculaires et d'en mourir, conclut une nouvelle méta-analyse britannique. Les chercheurs ont analysé les données issues de neuf études antérieures portant sur la montée d’escaliers, auxquelles avaient ...
LIRE LA SUITE