Il a vécu la Crise d’Oka
Il y a 25 ans, le 11 juillet 1990, s’amorçait une des plus graves crises sociale du Québec de son histoire moderne, soit la Crise d’Oka.
Les relations étaient tendues entre les citoyens et les Mohawks concernant le zonage de terrain et de la construction. Le 11 juillet 1990, un policier de la Sureté du Québec, le caporal Marcel Lemay décède lors d’une confrontation entre des policiers et des Mohawks qui ont érigé des barricades.
Un résident de Notre-Dame-des-Prairies, Jean-Pierre Corneault, a vécu et participé à cette crise, à titre d’employé de Communication Québec. Il était à l’emploi de cette instance gouvernementale, depuis 13 ans, à cette époque.
« Le 10 juillet, j’avais reçu un appel de mon supérieur de l’époque, Lucien Filion, me demandant de me rapporter au bureau régional de Laval, le lendemain matin », d’expliquer M. Corneault, en entrevue récemment.
Durant 29 jours, dont 15 à Oka, il a fait la navette quotidiennement entre son domicile et le lieu de la crise. « À Oka, je devais participer à deux réunions quotidiennes de planification. Mon rôle consistait à écouter les gens, établir les lignes de communication pour la journée à venir afin de sécuriser la population, d’établir un contact avec les journalistes afin de comprendre quel contenu ils cherchaient et identifier les inquiétudes de la population », ajoute-il.
Il devait être constamment à l’affut de toute rumeur venant de partout. Il était cependant plus facile d’en vérifier l’exactitude, compte tenu que les médias sociaux n’étaient pas présents à l’époque.
« C’était des longues journée de 16-17h00. Ce n’était pas facile pour la vie de couple et de famille avec de jeunes enfants. Souvent, on se laissait des messages, moi et ma conjointe sur le réfrigérateur ou on s’appelait le midi », se remémore-t-il avec le sourire.
Après 15 jours à Oka, il a été transféré au bureau régional de la Rive-Sud afin de préparer une campagne d’information pour une aide financière aux citoyens qui avaient été évacués de leurs résidences.
En contact avec les Mohawks
À deux reprises durant la Crise d’Oka, Jean-Pierre Corneault a été en contact avec les Mohawks. « On m’a demandé de préparer deux point de presse, soit le 11 et 14 juillet. Je devais m’assurer de la logistique et d’écrire le communiqué de presse. Je transmettais le message à venir des Mohawks à mes supérieurs », mentionne-t-il.
En aucun moment, il n’a senti de l’animosité entre lui et les Mohawks. « C’était une relation de service et on se respectait », assure-t-il.
M. Corneault avoue sans détour que sa participation à la Crise d’Oka l’a marqué sur le plan professionnel. « J’ai acquis de nouvelles façons de travailler et de mieux comprendre la réalité des journalistes. Ça m’a beaucoup aidé pour le reste de carrière », a conclu celui qui est à la retraite depuis 2010.
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