Coalition eau secours
La coalition québécoise pour une gestion responsable de l’eau, Eau Secours! se joint, le 22 mars, à la journée mondiale de l’eau 2014, qui a pour thème Eau et Énergie. Sans aucun doute, cette problématique est d’actualité au Québec. L’exploitation de gaz de schiste ou de pétrole, la nouvelle loi des mines, la réfection des sites miniers, le passage d’hydrocarbures sur le territoire par oléoducs, trains, bateaux ou camions, la protection des sources d’eau potable, le développement de filières alternatives (éolien, solaire, bio-méthanisation, etc.), le Plan Nord, etc. sont autant de sujets qui rendent la question, de l’eau liée à l’énergie, très concrète.
Cependant les enjeux de l’eau dans la production et le transport de l’énergie sont rarement abordés par les médias et par nos élus. Après les catastrophes de Mégantic et de la rivière Kalamazoo, il faut s’interroger sur la protection de l’eau au Québec. Depuis 2011, près de 75 villes ont adopté des règlements municipaux pour, au minimum, protéger leurs sources d’eau potable. Pourtant, le jugement Moulin a invalidé leurs efforts en donnant raison à la compagnie Pétrolia contre la ville de Gaspé. L’absence d’une loi provinciale efficace et surtout adaptée aux enjeux de protection de l’eau rend cette situation intenable. Mais à ce jour, le gouvernement québécois n’a toujours pas réagi à ce jugement.
« La production de l’énergie demande d’énormes quantités d’eau. La gestion responsable de l’eau et celle de nos ressources énergétiques sont intimement liées. Une approche concertée systémique et holistique est nécessaire. Un vaste débat public sur ces questions devra se tenir pour permettre aux Québécois de s’exprimer sur ces questions essentielles » explique Martine Chatelain, présidente de la Coalition Eau Secours!. Une approche fragmentée du débat et un manque de vision globale mènent à des décisions gouvernementales incohérentes. Pour le moment, nos lois et règlements ne permettent pas d’assurer une protection adéquate de l’eau et les plans d’urgence sont inexistants pour protéger la population.
Le 22 mars, Eau Secours! se joindra au mouvement de soutien à la population de Lac Mégantic initié par le Regroupement Interrégional des Gaz de Schiste de la Vallée du Saint-Laurent (RIGSVSL) pour insister sur l’importance de protéger notre richesse naturelle la plus précieuse. L’accident de Lac Mégantic est la plus grande catastrophe environnementale vécue au Québec et la décontamination de la ville, du lac et de la rivière est loin d’être terminée. La population souffre et souffrira encore longtemps des retombées de cette contamination de l’eau, des sols et de l’air de leur ville. La vie de toute une communauté ne sera plus jamais la même. Malgré cela, le ministre de l’environnement n’a cessé de tenter de minimiser les effets de ce désastre. Avec les nouveaux oléoducs, la possible exploitation des gaz de schiste et l’exploration par fracturation du pétrole à Anticosti, les risques de contamination et de pénurie d’eau seront multipliés partout au Québec. Les contaminations d’eau sont difficiles à régler, celle des lagunes de Mercier ou du Technoparc de Montréal ne le sont toujours pas après des décennies parce qu’on ne sait pas quoi faire ou parce que personne ne veut payer. Des autobus partiront de plusieurs villes du Québec pour se rendre à Lac Mégantic pour cette journée mondiale de l’eau et des centaines de
citoyens viendront exprimer leur soutien à la population de la ville, aux 75 municipalités qui tentent de protéger leurs sources d’eau potable et clamer leur opposition à un Québec pétrolier.
Il faut également rappeler que la production de gaz ou de pétrole accélérera le phénomène des changements climatiques qui auront des répercussions sur les inondations, les sécheresses et les quantités d’eau accessibles. Il faudra bien calculer les coûts des impacts environnementaux, sociaux et économiques du développement des filières gazières et pétrolières car ceux-ci dépasseront certainement les hypothétiques bénéfices espérés.
La Coalition soutient aussi des groupes de citoyens qui, partout au Québec, recherchent une meilleure gestion de leur eau. À Trois-Rivières, la Coalition Trifluvienne pour une eau très saine, conteste la décision du conseil de ville d’ajouter des fluorures à l’eau de la municipalité, Richmond tente d’empêcher le gouvernement du Québec d’imposer une pénalité à la ville pour s’être désistée, à la demande des citoyens, de ce même programme de fluoration. À la Minerve, le comité Recours d’eau tente d’empêcher un promoteur privé de capter de l’eau pour la vendre. Depuis 15 ans, partout au Québec, des groupes de citoyens se mobilisent pour préserver la qualité de leurs plans d’eau, leurs milieux humides ou leur eau potable et crient Eau Secours!
L’eau est un trésor collectif inestimable qui mérite l’attention de tous, bien plus qu’une journée par année. La coalition tiendra aussi un kiosque d’information sur toutes les problématiques de l’eau, samedi 22 mars, au Carrefour Laval.
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