Un choix discutable
Le choix de l’emplacement des Jeux est beaucoup plus un coup politique qu’une bonne chose pour le sport amateur. Vous me direz que c’est toujours comme ça, mais je pense que les Jeux de Sotchi en sont le meilleur exemple. Alors que le président Vladimir Poutine avait assuré en 2007 que les coûts ne dépasseraient pas 11,5 milliards de dollars, les difficultés techniques, l’inexistence d’installation et la corruption en ont décidé autrement.
Alors que 50 milliards de dollars ont été dépensés afin d’organiser les J.O. de Sotchi, on voit que Poutine voulait absolument ces Jeux pour se repositionner sur l’échiquier mondial n’a pas lésiné, au péril des droits humains (comme je vous ai parlé dans un commentaire précédent) et de l’économie de son pays.
Ce qui me chicote également, c’est le choix du comité international olympique (CIO). Pourquoi octroyer les Jeux à une station balnéaire qui ne compte aucune installation sportive? En plus d’un stade, d’une installation en montagne, d’un parc Olympique et d’hébergement pour 100 000 visiteurs, on a dû construire un nouvel aéroport, 77 ponts, 12 tunnels, 200 km de chemin de fer, deux gares et 400 km de réseau routier. On ne peut pas dire que Sotchi était la ville idéale pour accueillir un tel événement, bien au contraire.
Et toutes ses installations apporteront quoi à Sotchi? Pourront-elles vraiment encourager le sport amateur? Avec une population de moins de 400 000 habitants, il faut espérer que les J.O attireront les touristes et que les installations sportives et les milliers de logements construits serviront aux athlètes qui voudront s’y entraîner. On peut prendre exemple sur Calgary, où se sont tenus les Jeux de 1988, et qui est toujours aujourd’hui un endroit de choix pour l’entraînement de nombreux athlètes. Si les installations de Sotchi peuvent durer (certains ont des doutes sur leur qualité) et que les athlètes russes peuvent en profiter dans l’avenir, ce sera au moins ça de gagner.
L’organisation des Jeux de Vancouver avait coûté 1,5 milliard. Ceux de Londres 11, 5 milliards, ce qui est déjà considérable. Qui sont les pays qui peuvent s’offrir des Jeux à 50 milliards de dollars? Ils sont bien rares. Si le CIO ne met pas un frein à ces dépenses, j’ai peur que les J.O. meurent à petit feu. Des pays se ruinent pour les accueillir (comme la Grèce), ce qui en rebutera plusieurs. Le CIO devrait tenir compte des installations déjà sur place et de la capacité d’accueil dans son choix.
Les pays qui voudront porter leur candidature pourront donc, des années avant, investir petit à petit dans des installations qui serviront pour le sport amateur et non pas dépenser une véritable fortune dans l’intérêt politique de leur président.
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