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Un droit fondamental

Il y a quelques années, je suis tombée malade lors d’un voyage à New York. J’ai dû me rendre à l’hôpital parce que j’étais déshydratée. Deux poches de soluté et une injection de Gravol plus tard, je suis sortie de là avec une facture de près de 4 000 dollars.

Bien entendu, j’étais assurée. J’ai toutefois eu une pensée pour les Américains qui ne peuvent pas avoir facilement accès au réseau de la santé. Si une simple déshydratation a coûté si cher, imaginez une crise cardiaque ou un traumatisme crânien.

Si je vous parle de ça aujourd’hui, c’est pour montrer à quel point nous sommes chanceux de pouvoir être soignés au Québec, qu’on soit riche ou pauvre. Oui, on attend une éternité à l’urgence. Oui, ce n’est pas tout le monde qui a accès à un médecin de famille. Mais si nous sommes malades, nous n’avons pas de décision à prendre si nous avons les moyens de nous faire soigner.

Oui, nous payons notre réseau de la santé avec nos impôts et nos taxes. Il ne faut pas croire que c’est gratuit. Mais nous avons la chance de vivre dans une société où tout le monde est égal, au moins au niveau de l’accès aux soins de santé.

Suffit de penser au documentaire de 2007 réalisé par Michael Moore. Dans Sicko, un Américain qui s’était coupé accidentellement deux doigts a dû choisir lequel il voulait se faire recoudre, car il n’avait les moyens que pour un. Nous ne connaissons pas ça ici et il faut faire attention à ce que nous ne le connaissions jamais.

Avec les mégas-hôpitaux du CUSM et du CHUM qui n’offriront que des chambres à un ou deux lits, il faut absolument s’assurer que tout le monde ait droit à une hospitalisation gratuite, peu importe le revenu. Comme il n’y aura aucune autre alternative pour les patients (puisque les chambres multiples sont bannies, afin d’éviter la propagation d’infections nosocomiales), il faut que tous aient accès aux mêmes services.

Le gouvernement ne peut pas commencer à calculer le revenu des gens afin de savoir qui devrait payer quoi pour avoir accès à une chambre, puisque nous avons un système d’accès universel aux soins de santé.

De plus, alors que l’ensemble des chambres privées des hôpitaux du Québec rapporte 60 M$ par année, il faut parier qu’un système et les ressources qui seraient installés afin de faire de tels calculs goberaient facilement les revenus des chambres du CUSM et du CHUM.

Ce n’est qu’un petit exemple et je pense bien que le gouvernement saura prendre la décision appropriée. Mais la situation porte toutefois à réfléchir sur l’importance de conserver la gratuité de nos soins de santé, car je n’ai vraiment pas envie qu’aucun Québécois n’ait à hésiter à se faire soigner par manque d’argent.

 

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