Une clé pour l’avenir
On parle beaucoup ces temps-ci des libraires qui demandent au gouvernement de fixer un prix réglementé pour les livres, afin que les librairies survivent à la compétition que leur font les grandes surfaces.
Pour moi, le bonheur de lire est inestimable. Il permet de s’instruire, de s’ouvrir à différentes cultures, de développer son imaginaire et de s’évader. Les librairies nous offrent la possibilité de dénicher des merveilles, comme nos bibliothèques, qui sont importantes pour notre culture.
Ce débat me fait toutefois réfléchir sur le fait que 49% des Québécois n’ont pas les compétences requises pour avoir accès au contenu de ces livres. En effet, près de la moitié des Québécois (49%) âgés de 16 à 65 ans ont des difficultés de lecture. Plus de 800 000 personnes parmi ces dernières seraient analphabètes.
Le Canada n’est pas le seul pays industrialisé où l’analphabétisme fait rage, mais la situation est quand même bien alarmante. Quand on pense que 10% de nos jeunes de 16 à 25 ans n’ont pas les compétences en lecture nécessaire pour fonctionner facilement dans notre société, on peut voir que le problème est toujours bien actuel.
L’analphabétisme et les problèmes de littératie (capacité de lecture) sont un drame pour ces personnes, mais également pour la société. Chômage, revenus moins élevés, faible estime de soi, transmission entre les générations de l’analphabétisme, la vie n’est pas rose pour eux. Du côté de la collectivité, en ayant des citoyens qui ne peuvent pas s’accomplir complètement et qui ont un taux de participation civique plus faible, la société se passe de membres importants. Il est d’ailleurs prouvé que le taux de croissance du PIB à long terme ralentit en relation avec l’augmentation du nombre d’adultes ayant des problèmes de littératie.
Dans la plupart des cas, des lacunes sur le plan oral et en lecture sont détectables dès la maternelle et la première année du primaire. Il est donc important que les institutions scolaires puissent avoir accès à des ressources et des programmes qui pourront prévenir les difficultés et développer les compétences en littératie.
Alors que l’on parle de problèmes économiques, de l’importance d’avoir plus d’entrepreneurs au Québec et d’avoir plus d’emplois bien payés, il faudrait peut-être s’attarder à un problème de base, soit celui de s’assurer que la relève, les employés de demain et d’aujourd’hui, puissent avoir tous les acquis pour être des membres de la société à part entière ainsi que les capacités nécessaires pour occuper des emplois de qualité. La prévention et l’éducation sont les clés pour faire décliner le taux d’analphabétisme, des actions qui devraient être jugées prioritaires pour l’avenir du Québec.
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