Le journaliste, ce mal-aimé
Il y a quelques semaines, le Journal de Montréal publiait un sondage Léger Marketing sur la confiance des Québécois envers certaines professions. Sans aucune surprise, les pompiers et les professionnels de la santé sont en tête du classement (ambulanciers, infirmiers, pharmaciens).
Ce qui m’inquiète le plus, c’est de voir que seulement 42% des Québécois ont confiance aux journalistes, une baisse de 8% comparativement à il y a une dizaine d’années. Cette année, les journalistes se retrouvent presque ex-æquo avec les banquiers, les planificateurs financiers et les chirurgiens plastiques.
La confiance du public dans le journalisme est à la baisse, malgré les récents succès d’enquêtes journalistiques que nous avons connus ces dernières années et qui ont dévoilé des scandales dans les milieux criminels, de la construction et politiques.
Selon le Baromètre des médias 2012 de la Chaire de recherche en éthique du journalisme de l’Université d’Ottawa, les Québécois qui sont méfiants envers les journalistes sont de plus en plus nombreux. On y explique toutefois que cette méfiance « pourrait être un indicateur de la qualité du travail journalistique qui consiste, parfois, à déplaire au grand nombre en diffusant des informations véridiques et d’intérêts public ».
Loin de moi l’idée de vouloir me plaindre, mais le métier de journaliste n’est pas toujours facile. En révélant la vérité et en faisant des enquêtes, on ne se fait pas toujours des amis. On se fait mettre des bâtons dans les roues, on se fait insulter, parfois même menacer. Tout ça afin de pouvoir vous informer.
Il existe assurément des journalistes corrompus ou qui ne suivent pas de code d’éthique, comme dans tous les corps de métiers. Toutefois, la majorité des journalistes appliquent les valeurs fondamentales du journalisme : vérité, rigueur, indépendance, respect, honnêteté, impartialité et ouverture d’esprit.
Je suis consciente que le métier que je pratique est souvent crucial. C’est pourquoi je le pratique selon ces valeurs et je suis certaine que les personnes avec qui je travaille le font également.
J’aimerais toutefois savoir ce qui aiderait les Québécois à retrouver confiance au métier de journaliste. Serait-ce de définir des critères afin d’obtenir un titre de journaliste professionnel comme le suggérait le rapport Payette sur le journalisme et l’avenir de l’Information au Québec? Malheureusement, ce rapport publié en 2011 semble avoir été tabletté par le gouvernement du Québec.
Alors que le journalisme est considéré depuis toujours comme le chien de garde de la démocratie, il serait peut-être temps de prendre les moyens pour redorer son blason.
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