Une permission timide,selon la communauté gaie de Lanaudière
Certains membres de la communauté gaie de Lanaudière se sentent à nouveau victime de préjugés avec la nouvelle mesure implantée par Héma-Québec, qui autorise les homosexuels à donner du sang à condition qu’ils n’aient pas eu de relation sexuelle depuis cinq ans.
Selon eux, cette législation devrait s’appliquer à tout le monde ou devrait être retirée, car ce ne sont pas uniquement les homosexuels qui peuvent avoir des rapports sexuels risqués. « Cette annonce prouve qu’il y a encore une distinction entre les hétérosexuels et les homosexuels », a déploré le président du Domaine de la Fierté, Richard Desormiers. Il affirme qu’une personne hétérosexuelle ne se fera jamais questionner lorsqu’elle donne du sang, même si elle a eu une relation sexuelle à risque la veille, contrairement à eux. Selon lui, tous les individus qui ont des pratiques sexuelles moins sécuritaires devraient s’abstenir de donner du sang.
Questionnement
Le gérant du Domaine, Roger Gagnon, abonde dans le même sens. Ce dernier s’interroge à savoir pourquoi ce sont uniquement les homosexuels qui doivent être prudents « Est-ce que ce sont tous les hétérosexuels qui sont prudents? », s’est–il interrogé. Quant à lui, M Desormiers fait remarquer que d’une manière ou d’une autre, tous les échantillons de sang sont analysés. « Le message qu’on nous lance avec cette mesure est de ne pas donner de sang, malgré que les banques en ont grandement besoin » a déploré le président, qui estime que les préjugés sont encore bien présents.
Questionné à savoir si le Québec réduirait le délai du dernier rapport sexuel à un an, pour pouvoir donner du sang, comme en Australie et au Royaume-Uni, M. Gagnon a répondu qu’il souhaiterait que les gens d’Héma-Québec lui demandent son bulletin de santé tout simplement. Ce dernier a souligné qu’il préférait que le don de sang soit interdit pour les gais, s’ils doivent subir cette restriction qu’il qualifie de ridicule. « C’est eux autres les pires », a-t-il tranché.
Plus à risque
En entrevue à TVA Nouvelles, Marc Germain, d’Héma-Québec a souligné que les dirigeants préconisaient une ouverture prudente, car certains groupes sont plus à risque pour certaines infections. « Le statistiques le prouvent. Les homosexuels sont 30 fois plus à risque que les hétérosexuels », a-t-il rappelé.
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