La politique de présence au travail est critiquée avec vigueur
Le Syndicat des techniciens des professionnels de la santé et des services sociaux du Nord de Lanaudière qualifie d’inacceptable le traitement réservé aux employés confrontés à des maladies graves qui tentent d’effectuer un retour au travail.
Selon le président du Syndicat, Serge Vézina, la direction des ressources humaines du Centre de santé services sociaux du Nord de Lanaudière, DRH, devrait plutôt offrir un meilleur soutien aux travailleurs qui ont été aux prises avec une maladie grave à l’instar de s’en débarrasser. Ce dernier a de la difficulté à comprendre l’attitude de la DRH, d’autant plus que les travailleurs ont respecté à la lettre la procédure de retour au travail en fournissant leurs certificats médicaux en plus de rencontrer le médecin de l’employeur. Ce dernier croit que la DRH va à l’encontre de l’évaluation médicale, prétextant que l’individu sera éventuellement malade à nouveau. « C’est comme si la DRH disait au médecin que peu importe le traitement, l’état de santé du travailleur ne s’améliorera pas », a déploré M. Vézina.
Climat malsain
Le président rapporte que deux des trois employés qui sont revenus au travail ont reçu une lettre qui mentionnait qu’ils devaient augmenter leur assiduité au travail sans quoi, la DRH pourrait mettre fin au lien d’emploi. « Lorsque nos travailleurs reviennent au boulot après avoir passé au travers un moment difficile on leur rappelle les impacts négatifs de leur absence sur le service, la clientèle et l’équipe de travail », décrit M. Vézina. Le président souhaite que les droits des travailleurs malades soient respectés et qu’ils puissent travailler en toute quiétude. De plus il aimerait que l’éducatrice congédiée soit réembauchée (voir autre texte).
Par contre, il ne croit pas que l’administration du CSSSNL corrigera le tir dans un avenir rapproché. « Le CSSSNL a tendance à laisser ce genre de dossier pourrir et reléguer ça à leurs avocats », croit M. Vézina, qui juge que pendant ce temps les travailleurs en subissent les contrecoups. Il mentionne qu’une pétition sera présentée aux membres et à tous les intervenants du CSSSNL y compris les médecins. De plus, il est possible que les membres soient appelés à se mobiliser davantage lors des réunions du conseil d’administration du CSSSNL. En parallèle un contentieux juridique va tenter d’agir sur ce dossier, a conclu M. Vézina.
Le président du conseil d'administration du CSSSNL, Michel Ratelle, a souligné lors de l'assemblée du C.A qu'une réponse écrite aux questions formulées par M. Vézina lui sera acheminée.
Un congédiement injustifiée,selon une employée
L’éducatrice spécialisée du CSSSNL qui a été congédiée a confié au Journal qu’elle a été en arrêt de travail pendant un certain temps en raison de problèmes de santé mentale. La travailleuse qui a préféré conserver son anonymat, a perdu son poste d’éducatrice à temps partiel, il y a quelques mois et est devenue une employée sur appel. Après avoir reçu l’autorisation du médecin et du psychiatre qu’elle pouvait effectuer un retour au travail progressif, elle aurait reçu un coup de fil de l’administration du CSSSNL qui voulait la rencontrer le lendemain.
Ces derniers lui auraient présenté une lettre de congédiement qu’on lui aurait fortement recommandé de signer. Une action que la dame a refusée de faire. « Cette lettre est arrivée comme une gifle en plein visage. Je n’ai jamais reçu de préavis et je n’ai pas pu me défendre », a déploré la travailleuse, qui ne se gêne pas pour qualifier le modus operandi de l’administration du CSSSNL de « dégueulasse ». Elle mentionne que la lettre indiquait que le chef de service a estimé que son pronostic de rétablissement était trop sombre et que son taux d’absentéisme était trop élevé. Cette dernière juge que les congés de maladie ne devraient pas être pris en compte dans le calcul des absences. La travailleuse déplore le fait qu’elle ne pourrait peut-être plus œuvrer dans le milieu de la santé à cause de cette histoire.
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