Le CÉGEP est préoccupé
Les membres de la direction du Cégep régional de Lanaudière sont extrêmement préoccupés par la proposition de l’Ordre des infirmiers et infirmières du Québec, OIIQ, qui est de rendre obligatoire le baccalauréat pour exercer la profession d’infirmier.
Selon la directrice du collège constituant de Joliette, Chantale Perreault, cette mesure pourrait avoir un impact considérable sur le nombre d’admissions au programme. Elle a fait remarquer qu’un sondage réalisé auprès de 3000 étudiants indiquait que la plupart des élèves n’auraient pas fait ce choix de programme s’ils avaient été forcés de faire un parcours scolaire de cinq ans avant d’exercer le métier d’infirmier. « Si nous ne formons pas suffisamment de finissants, la problématique de pénurie de main-d’œuvre ne sera pas réglée », craint Mme Perreault. De son côté, le directeur général du Cégep de Lanaudière, Marcel Côté, trouve que l’OIIQ veut implanter une décision qui a été prise trop rapidement, sans avoir fait une analyse du milieu de la santé dans la région. «L’Ordre voulait instaurer cette mesure dès le mois de juin. Nous voulons une période de sursis d’au mois un an », a-t-il souligné.
Coûteux
Selon les chiffres rapportés par le président des enseignantes et enseignants du cégep régional de Lanaudière, Marco Legrand, ce changement pourrait être très dispendieux. Il estime que cette proposition pourrait coûter jusqu’à 500 M $. De plus, les patients ne bénéficieraient pas de ce changement selon lui, car ce sont les infirmières techniciennes qui travaillent au niveau des soins à l’intérieur d’un hôpital.
Formation
Mme Perreault est d’avis que l’essence d’un diplôme d’études collégiales techniques, DEC, ne serait plus respectée si une personne est obligée d’avoir un baccalauréat. « Un DEC doit mener à l’exercice d’une profession sur le marché du travail », a mentionné avec conviction la directrice. Elle aimerait que le DEC de trois ans soit toujours offert avec l’examen de l’Ordre qui permet aux infirmiers d’exécuter certaines tâches spécifiques. Par la suite, les professionnels qui le désirent pourraient ajouter une corde à leur arc en allant se chercher un BAC en passant un autre examen de l’Ordre qui permettrait aux infirmières cliniciennes d’effectuer des tâches supplémentaires.
Rappelons que si la proposition de l’OIIQ est adoptée, un infirmier qui à un DEC n’aurait pas de droit de pratique.
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