De la pauvreté à la misère noire
Le retrait de l’allocation de 129 $ attribuée aux familles prestataires de l’aide sociale avec un enfant de moins de cinq ans et le seuil d’admissibilité de cette même indemnité qui passera de 55 à 58 ans, annoncés par la ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale Agnès Maltais, ne réjouit guère la population.
«C’est complètement ridicule. Une fois le loyer payé, il ne me reste que 100 $ pour payer mes comptes », a souligné Christine Pelletier, prestataire de l’aide sociale. Selon elle, ce petit montant est très utile et permet aux prestataires d’avoir la tête légèrement sortie de l’eau. « Cette réduction représente presque la totalité de ma facture d’électricité annuelle », a précisé Mme Pelletier. Cette dernière craint de ne pas être en mesure de joindre les deux bouts. Elle considère que le gouvernement devrait couper le chèque des jeunes qui sont aptes à travailler, à l’instar de frapper sur les gens plus âgés, qui ont beaucoup plus de difficulté à se trouver un emploi. « Le gouvernement ne voit pas la m*** qu’il nous fait », déplore-t-elle. De son côté, Jacques Patenaude, intervenant à Action DIGNITÉ Lanaudière, est amèrement déçu de cette décision d’Agnès Maltais. Selon lui, cette réduction qui représente un montant de 1548 $ par année, fera mal aux prestataires. « Certaines personnes vont passer de la pauvreté à la misère noire », a-t-il mentionné avec indignation.
Mauvaise cible
Dans le projet de règlement, la ministre Maltais affirme que ces coupures sont dans le but de renforcer l'incitation au travail et favoriser la participation au marché du travail de tous les bassins de main d'œuvre. « Ça ressemble plutôt à une lutte contre les pauvres et non une lutte contre la pauvreté », a dit M. Patenaude. Ces réductions déçoivent d’autant plus l’organisme qui avait rencontré quelques députés, qui se sont montrés attentifs lors de la présentation de leur campagne d’information visant à contrer les préjugés à l’endroit des personnes prestataires de l’aide sociale, au début de l’année. « Ça nous déçoit profondément. C’est le moins que l’on puisse dire », a mentionné M. Patenaude
En partenariat avec d’autres regroupements, l’organisme lanaudois a l’intention de maintenir l’échange avec le caucus du Parti québécois. « Il faut absolument que la ministre recule », a conclu M. Patenaude. D’ailleurs, l’intervenant invite la population touchée par cette mesure à faire part de leur mécontentement aux députés
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