Une bonne nouvelle?
La planète hockey s’est finalement réveillée. Après le conflit qui se sera éternisé durant 113 jours, voilà que le monde du sport sort de sa torpeur et que le moral des amateurs vient de bondir au sommet de son échelle. Je vous pose la question, est-ce vraiment une bonne nouvelle?
Soyons francs, il n’y en a pas beaucoup qui ont poussé mon cri de joie le 5 janvier alors que tombait la nouvelle de la fin du conflit entre les joueurs et les propriétaires de la Ligue Nationale de hockey. Il me tardait de revoir le Tricolore sauter sur la glace du Centre Bell, de discuter avec mes proches du système de l’entraîneur Michel Therrien ou des nouvelles acquisitions du directeur gérant Marc Bergevin. Il faut se poser tout de même la question, jusqu’où ira notre passion cet hiver?
Je crains que dans toute cette frénésie, les seuls contrats qui meubleront les conversations soient ceux de PK Subban et de Scott Gomez, et non plus ceux octroyés illégalement par une municipalité. Au cours de l’automne 2012, le peuple québécois n’avait pas de hockey à se mettre sous la dent, avec pour résultat une plus grande attention à l’endroit de son petit monde et des évènements de l’actualité.
Je crains que les gens oublient tout ce qui s’est passé l’automne dernier au détriment de quelques victoires de la Sainte Flanelle. Je ne veux pas voir les gens effacer de leur mémoire le témoignage de Lino Zambito au profit d’une déclaration de Max Pacioretty. Les gens ne doivent pas oublier le manque de financement en éducation à Manawan uniquement parce que Carey Price vient de réaliser un jeu blanc. J’espère que l’automne 2012 aura laissé de bonnes habitudes auprès de la population, qui ne délaisseront pas les conseils municipaux au détriment d’un match Montréal-Pittsburg. Je suis conscient qu’il s’agit-là d’un rêve un peu fou. Au Québec, nous sommes amoureux fou de notre sport national, un amour qu’il est hélas trop difficile d’oublier.
Le hockey est devenu plus qu’un sport au Québec. C’est un exutoire et un véritable baromètre pour le moral de ses amateurs. Combien de mauvaises nouvelles pourraient être annoncées au lendemain d’une éclatante victoire contre les Bruins de Boston? Les empereurs de Rome avaient compris le principe que tant que la population avait son pain et ses jeux, ils pouvaient faire ce qu’ils voulaient sans risque de rébellion. Quelque 2000 ans plus tard, la recette est tout aussi efficace, peut-être même trop efficace.
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