Nous sommes humains après tout
Quelle serait votre réaction face à une fausse couche? Quelle serait votre réaction face à un manque de compassion lorsque se produit un tel évènement? Je prenais connaissance d’un article publié tout récemment dans le Journal de Québec et je n’ai pu m’empêcher de frissonner d’horreur en constatant que notre système de santé ait aussi peu d’égard pour les couples faisant face à ce que je considère comme un drame.
L’article du Journal de Québec n’a fait que confirmer de tristes anecdotes que des proches m’avaient déjà racontées. Je pense entre autres à une personne de ma famille qui a fait une fausse couche dans un centre hospitalier de Montréal. Une fois le fœtus expulsé de son corps, l’infirmière en poste à ce moment-là est tout simplement allée jeter le corps dans les toilettes.
Je peux aussi vous parler d’une amie qui a dû attendre deux semaines après l’annonce de la mort de l’enfant qu’elle portait encore dans son ventre pour avoir droit aux soins appropriés.
Je ne vous cache pas ma colère lorsqu’on me raconte pareilles histoires, moi qui est père d’un petit garçon en parfaite santé et qui devrait recevoir à nouveau la visite de la cigogne en février prochain. Je n’ose pas imaginer ma réaction face à une telle situation. Que les infirmières, les médecins ou l’ensemble du système de santé soient à bout de souffle, c’est une chose. Que l’empathie et la compassion ne soient pas données à tous, c’est une autre chose, mais que l’on ait si peu de considération pour ces femmes qui ont perdu leur enfant, il n’y a aucune excuse qui tienne à mes yeux. Malgré tout, il se trouve encore de véritables perles dans le système de santé, des gens qui ont le cœur sur la main, mais vous savez ce que c’est, on ne souvient toujours plus facilement des journées de pluie lors d’un été de sécheresse.
J’ai trop vu de ces femmes qui mériteraient tant d’être mères et qui n’en ont jamais eu la chance. Je n’ose pas imaginer en plus la douleur pour elles et leur conjoint de devoir en plus affronter la douleur de perdre cet enfant en devenir. N’oubliez pas une chose, en plus de devoir vivre ce deuil épouvantable, ces couples doivent le faire sur le même étage que celui où ont lieu les naissances. Pouvez-vous sincèrement imaginer vivre un deuil entouré de tous ces éclats de rires, d’explosion de joie et de fierté? Serait-il possible de permettre à ces personnes d’être localisées ailleurs que sur le même étage que les naissances?
Il faut selon moi considérer qu’une fausse couche peut avoir le même impact que la mort d’un enfant. Ces femmes sont souvent laissées à elles-mêmes, désemparées, et un soutien psychologique devrait être offert à ces personnes.
Le système de santé est selon moi une énorme machine froide, dirigée par des fonctionnaires tout aussi froids et détachés. Il s’agit là de la pire combinaison pour une situation où les gens ont simplement besoin de chaleur et de réconfort. Que l’on me dise que les infirmières doivent se forger une sorte de carapace, je peux le comprendre, mais entre s’endurcir et se débarrasser d’un enfant mort-né dans les toilettes de la chambre, il y a un pas qui ne peut être franchi.
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