« Pas un jour sans agressions à caractère sexuel!»
En 2011, le taux de signalement des infractions sexuelles a diminué au Québec. Les corps policiers ont enregistré 450 infractions sexuelles de moins que l’année précédente .Est-ce à dire qu’il y a moins de crimes sexuels au Québec? Le Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) Coup de Cœur y voit plutôt une indication inquiétante de la banalisation de la violence sexuelle faite aux femmes. «En effet, notre expérience nous démontre qu’encore trop de femmes, et particulièrement les adolescentes ne signalent pas leurs agressions à la police parce que d’une part elles banalisent la violence exercée à leur endroit et d’autre part, elles craignent que la police en fasse de même » explique Madame Paméla Carrier, intervenante du CALACS.
Une enquête sociale générale sur la victimisation au Canada , relate en effet que la majorité des victimes (58%) ont dit ne pas avoir signalé l’agression sexuelle à la police parce qu’elles estimaient que l’incident n’était pas suffisamment important. «Comment prendre au sérieux la violence sexuelle exercée à ton endroit, lorsque la société projette partout, du journal local aux petits-écrans que les femmes et plus particulièrement les adolescentes sont des « objets » de consommation jetables. L’industrie de la séduction est en plein essor, et la banalisation de la violence sexuelle, rend les frontières de l’acceptable de plus en plus floues.», continue Madame Carrier.
«Un autre facteur expliquant le faible taux de dénonciation, explique Madame Carrier, est que les femmes craignent de ne pas être prises au sérieux par la police. Les femmes veulent être crues, et pour ce faire, elles souhaitent le plus souvent pouvoir être accompagnées d’une intervenante. Quand elles apprennent que ce n’est pas possible, elles sont beaucoup moins enclines à y aller» telle est l’expérience du CALACS Coup de Cœur.
C’est donc sous le thème de la banalisation de la violence sexuelle que les CALACS soulignent cette année la Journée d’action contre la violence sexuelle faite aux femmes, qui a lieu le vendredi 21 septembre.
Agir, c’est unir nos voix pour dire que cette violence est inacceptable. Ensemble nous devons nous engager à ne pas la tolérer et à y mettre fin. Nous sommes toutes et tous touchés par cette réalité. Que ce soit en étant en contact avec une victime ou avec un agresseur. Ou encore, parce que nous ressentons de la peur pour nous ou pour nos proches de savoir que cette violence existe» affirme Paméla Carrier, intervenante du CALACS Coup de Cœur.
À l’occasion de cette 31e journée d’action, le Regroupement québécois des CALACS a lancé une campagne de sensibilisation sur le web. Nous encourageons tout le monde à regarder et diffuser cette capsule, au plus grand nombre d’ami(e)s, de parents, d’enseignant(e)s etc. Elle est disponible au www.rqcalacs.qc.ca. Un dossier de presse répertoriant les situations d’agressions à caractère sexuel médiatisées à l’échelle canadienne, depuis septembre 2011 se retrouve également sur le site.
Le CALACS Coup de Cœur appuie cette campagne qui démontre bien que les agressions à caractère sexuel ne peuvent plus être que «des faits divers».
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