Respecter ses origines
Doit-on encore tolérer la présence du crucifix à l’Assemblée nationale? Alors que le débat a encore fait rage, au cœur de la campagne électoral, je crois qu’il est temps de reconnaître la véritable valeur de se symbole religieux et de lui accorder la place qu’il mérite dans nos institutions et surtout, dans notre perception de tous les jours
Je ne peux me prononcer sur les véritables intentions de la candidate péquiste de Trois-Rivières, Djemila Benhabib, qui a affirmé que le crucifix n’avait plus sa place à l’Assemblée nationale. Ce qu’il faut retenir par contre de cette femme c’est son combat contre l’asservissement religieux que prône l’Islam. Peut-on penser que Mme Benhabib voit dans le crucifix un autre asservissement religieux? Possible. Tout ce que je peux répondre à cette hypothèse est que le Québec est bel et bien arrivé au 21e siècle. Il n’en est plus à l’époque de Duplessis, où religion et politique marchaient main dans la main. Il n’y a plus de curé de paroisse pour clamer dans son sermon du dimanche matin que le « ciel est bleu et que l’enfer est rouge. » Pourquoi s’inquiéter alors? Je me permets de croire que, même s’il est l’un des personnages les plus sympathique que j’ai eu la chance de rencontrer, l’évêque Gilles Lussier ne me ferait pas changer mon opinion sur un sujet par le simple fait qu’il porte un col romain.
Il fait considérer le crucifix comme le symbole de ce qu’a été le Québec durant près de quatre siècles. La religion a fait partie de notre histoire, renier ses symboles, c’est renier tout ce que nous avons été depuis le début. Pour savoir où nous allons, il ne faut jamais oublier d’où l’on vient. Le crucifix est pour moi l’équivalent du tatouage représentant notre premier amour de jeunesse : indélébile et remplis de souvenirs, qu’ils soient heureux ou triste. C’est une partie de notre patrimoine, et c’est de cette manière qu’il doit être perçu désormais.
Je suis au fait que ma génération ne fréquente pas les installations religieuses. Pourtant, je serais curieux de connaître le nombre de couples de mon âge qui se marient à l’église comme je l’ai fait. J’aimerais savoir combien de croix les bijoutiers vendent chaque année. Je suis persuadé que ce chiffre ne dépend pas uniquement de la popularité des films de vampires. La religion a encore sa place dans notre société, une place beaucoup moins importante, certes, mais une place quand même.
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