À défaut d'une entente, les travailleuses ont débrayé
Les discussions entre les représentants syndicaux et ceux
du ministère de la Famille ont repris mardi après-midi. Alors qu'ils étaient sur le point de
déposer une contre-proposition, les représentants des employeurs ont quitté la table de
négociation sans préavis vers 23 h, lundi soir, laissant seuls les représentants syndicaux
et ceux du ministère de la Famille. Toutefois, le ministère a tenu à poursuivre les
pourparlers, en mode exploratoire, jusqu'à peu après minuit.
« Depuis le début de cette négociation, nous sentons que certains employeurs veulent
nous forcer à exercer la grève, affirme Jeff Begley, vice-président de la Fédération de la
santé et des services sociaux (FSSS-CSN). Nous avions convenu, en décembre
dernier, de sursoir à notre mandat de grève afin de laisser toute la place à la
négociation. Lundi, les employeurs étaient bien au courant de notre grève tournante
prévue pour aujourd'hui et demain. En quittant abruptement la table de négociation, ils
ne nous donnent d'autre choix que de mettre à exécution notre débrayage cette
semaine. »
À défaut d'obtenir une entente, une autre grève nationale est prévue pour lundi et mardi
de la semaine prochaine. Les syndicats en profiteront pour tenir des assemblées
générales pour faire le point sur la situation.
Des revendications légitimes
Les 8500 travailleuses et travailleurs des CPE affiliés à la CSN désirent confirmer leur
présence au sein des conseils d'administration. La majorité des conventions collectives
prévoit actuellement que jusqu'à deux travailleuses peuvent participer à ces instances,
ce qui respecte les directives du ministère de la Famille. Mais les directions de certains
CPE, environ 20%, refusent encore de reconnaître ce droit à leurs salariées. « Il en va
de la bonne gouvernance de nos centres de la petite enfance » souligne Francine
Ranger, présidente du Conseil central de Lanaudière - CSN. « Qui sont les intervenantes
de première ligne auprès de nos enfants? La présence de nos travailleuses au sein des
conseils d'administration est primordiale pour assurer une approche pédagogique
appropriée et une saine administration d'ajouter la représentante syndicale . »
Les salariées des CPE contestent aussi la volonté des employeurs de mettre fin à leur
contribution au régime d'assurance collective. « Pour les travailleuses, cette demande
ferait doubler le montant de leur prime. Ça représente une perte nette pouvant aller
jusqu'à 2000 $ par année pour plusieurs d'entre elles », indique-t-elle.
Par principe d'équité, les travailleuses des CPE tiennent également à bonifier les
dispositions relatives aux vacances. Celles-ci ne concernent qu'une faible minorité de
syndiquées qui désirent effectuer un rattrapage. Quant aux demandes relatives aux
jours fériés et aux congés personnels (qui incluent les congés de maladie), elles ne
concernent qu'environ 15% des salariées, qui n'ont pas, pour l'instant, les mêmes
bénéfices que les autres.
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