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L'inévitable mariage entre le cinéma et les bagarres au hockey

La sortie prochaine du film Goon : dur-à-cuire a attiré mon attention dès les premières diffusions de la bande-annonce. Alors que les autorités de la plupart des ligues de hockey professionnelles songent à interdire les bagarres, je suis encore de ces irréductibles qui refusent de voir disparaître cet aspect de notre sport national.

Au risque de raviver la flamme du débat entourant la violence au hockey, je crois que les bagarres sont un incontournable dans un sport de contact comme le hockey. Je ne dis pas une obligation, mais bien un incontournable. Un exutoire qui peut, selon moi, remplacer les quatre ou cinq coups vicieux, beaucoup plus dangereux qu'une empoignade entre deux hockeyeurs consentants. Entre une mise en échec par derrière, un violent coup de coude à la tête ou une bagarre, je persiste à dire qu'un combat demeure le moins lourd de conséquences.

Matchs fétiches

Trois matchs du Canadien ont marqué mes souvenirs. Lorsque l'équipe a remporté sa dernière coupe Stanley en 1993, leur remonté légendaire contre les Rangers de New-York en 2008 alors qu'ils tiraient de l'arrière 0-5, et le Massacre du Vendredi Saint. Suis-je primitif pour autant? Je ne le crois pas. Le hockey est, je le répète, un sport de contact, où les esprits peuvent rapidement s'échauffer lors des moments forts d'une partie. Je ne fais pas l'hypocrite, je suis l'un des premiers à bondir de mon siège lorsque les gants tombent. J'ai encouragé à plein poumon les Bruno Forest et Sébastien Decaen, à l'époque du National de Joliette. Tout comme j'ai encore un souvenir très vivace des Chris Nilan et John Kordic. L'abolition des bagarres ne ferait que rendre notre sport national encore plus dangereux, plus hypocrite dans sa loi du Talion.

La sortie du film Goon : dur-à-cuire envoie par contre un drôle de message. La production a beau ne pas être endossée par la Ligue Nationale de hockey, je trouve ironique de voir un film faisant l'apologie des bagarreurs prendre l'affiche alors que le sport semble sur une voie de transformation. Le film, écrit par l'acteur ontarien Jay Baruchel (fervent amateur de hockey), raconte l'histoire d'un portier de bar dont les talents de bagarreurs l'amène à signer un contrat dans une ligue semi-professionnelle de hockey.

On ne peut passer sous silence les nombreux décès d'anciens dur-à-cuire survenus au cours des dernières années. Peut-être que le rôle de bagarreur à un niveau aussi élevé que celui de la LNH demande énormément de pression à ces athlètes, peut-être ne sont-ils que la pointe d'un iceberg loin d'être reluisant. Je n'ai pas de réponse, sinon qu'une profonde compassion pour ceux qui n'ont pu recevoir l'aide requise à temps.

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