Une nouvelle arme dans la lutte contre la drogue pour la Sûreté du Québec
La Sûreté du Québec bénéficiera maintenant de l'expertise de l'agent Patrick Leblond, qui est devenu agent évaluateur en reconnaissance des drogues. Le policier de Joliette rejoint un groupe très sélect, puisqu'uniquement 30 agents au Québec ont bénéficié de cette formation destinée à identifier les conducteurs sous l'influence des drogues et stupéfiants.
Depuis 2008, la conduite sous l'influence des drogues ou des stupéfiants est régie par la loi, au même titre que l'alcool. Par contre, la Sûreté du Québec ne disposait pas des outils adéquats pour détecter avec précision les conducteurs en défaut. L'agent Leblond précise qu'avant juillet 2008, date où fut amendée la loi sur les conducteurs sous l'influence de matières illicites, «il y avait un vide dans la loi qui limittait le pouvoir d'intervention du policier. » Aujourd'hui, la même loi s'applique pour l'alcool et les drogues de la même manière, à la différence que l'agent évaluateur est appelé au poste de police pour authentifier la condition du suspect.
Deux agents à travers l'ensemble du district Montréal-Laval-Laurentides-Lanaudière bénéficient de cette formation.
Formé à l'américaine
La formation de l'agent Leblond s'est faite en deux temps. Une portion académique d'une semaine s'est déroulée de manière intensive à Nicolet. L'aspect pratique a eu lieu à Phoenix en Arizona, à la Maricopa County Jail. Une expérience unique pour l'agent Leblond, alors que des représentants des forces de l'ordre en provenance des États-Unis et du Canada y assistaient. «On se croyait dans un boot camp.» Patrick Leblond a passé une autre semaine sous le soleil de l'Arizona, dans un secteur spécial de la prison où se déroulait la certification. Des suspects appréhendés le jour même servaient de cobayes pour les étudiants, le tout sur une base volontaire, en échange de nourriture à volonté le temps de leur incarcération. Les policiers prenaient le temps d'évaluer la condition de chacun avant de rendre un verdict officialisé par un test d'urine. «Certains suspects étaient encouragés à nous mentir sur leurs symptômes afin de nous dérouter dans nos évaluations», souligne Patrick Leblond qui a traversé des journées de 21 heures de travail pour compléter la rédaction des rapports.
L'appel à l'agent évaluateur n'est pas systématique pour la Sûreté du Québec, mais survient dans près de 95 % des cas selon M. Leblond. Il ajoute que la disponibilité et le dévouement vont de paire avec ce rôle, qui peut demander un déplacement tard dans la nuit pour confirmer l'état d'un suspect.
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