Infectés par la tuberculose à l'urgence
La Direction de santé publique de Lanaudière mène actuellement un dépistage préventif afin de savoir combien de personnes pourraient avoir contracté la tuberculose à l'urgence du Centre hospitalier régional de Lanaudière (CHRDL) au cours des deux derniers mois, a appris l'Agence QMI.
Le 22 juin dernier, un homme, qui préfère garder l'anonymat, a accompagné son épouse aux urgences de l'établissement. Le couple est resté six heures dans la salle d'attente.
« Je me souviens d'entendre encore très bien le monsieur ou la personne en arrière de moi qui toussait », a raconté l'homme.
Cette personne qui toussait n'était pas isolée. Elle était porteuse de la tuberculose et les a contaminés. Ils ont appris la mauvaise nouvelle quelques jours plus tard.
Le 11 juillet, soit 19 jours après leur visite aux urgences, le couple a reçu une lettre de la Direction de santé publique de Lanaudière afin qu'il subisse un examen préventif de dépistage de la tuberculose. La missive faisait également état des risques associés à l'infection tuberculeuse.
« La Santé publique nous a dit de ne pas mentionner, quand on allait quelque part, le mot "tuberculose". Ils nous ont dit de ne pas dire ça, ça fait peur aux gens », a confié l'homme.
Les tests effectués sur le couple ont révélé que tous deux sont porteurs de la tuberculose, mais qu'ils ne sont pas contagieux. Ils seront traités aux antibiotiques.
14 tests positifs
Ces deux patients du CHRDL ne sont pas les seuls à avoir été contactés par la Direction de santé publique de Lanaudière.
« On a 95 personnes qui ont été rejointes de cette façon-là, que ce soit des personnes qui étaient présentes à l'urgence cette soirée-là ou des membres du personnel également », a indiqué le directeur de santé publique et d'évaluation de Lanaudière, le Dr Jean-Pierre Trépanier.
À ce jour, 14 personnes ont obtenu des tests positifs. Cette situation s'explique notamment par le haut niveau de contagion de cette maladie, selon le Dr Trépanier.
« C'est une maladie qui est très contagieuse, donc qui se transmet par voie d'aérosol. De très fines particules peuvent rester en suspension dans l'air pour une longue période », a-t-il expliqué.
Prochains jours
La Direction de santé publique de Lanaudière soutient avoir agi très rapidement pour éviter une propagation au sein de son établissement.
« À la lumière des deuxièmes tests que nous allons recevoir au cours des prochains jours, on va être en mesure de déterminer si on doit procéder à un rappel de plus de personnes que ce qui a été fait jusqu'à présent », a indiqué le Dr Trépanier.
La direction de l'hôpital n'a pas été apte à préciser pourquoi le malade qui toussait n'a pas été placé à l'écart des autres. « La tuberculose, on ne sait pas quand la personne arrive [qu'elle est porteuse de la maladie]. C'est lorsqu'on fait l'investigation, les tests et tout que le diagnostic de tuberculose apparaît », a souligné une porte-parole de l'hôpital.
Au CHRDL, on affirme qu'aussitôt que des tests ont révélé que les gens étaient porteurs de la turberculose, la Direction de santé publique de Lanaudière a été avertie. « Le CHRDL a collaboré entièrement avec la santé publique, en envoyant notamment la liste des personnes qui se sont présentées à l'urgence, le 22 juin » a ajouté Monique Pichette, coordonnatrice de la prestation sécuritaire des soins et services pour le CSSS du Nord de Lanaudière.
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