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Elles ont fait leurs places dans un monde d'hommes

Elles ont fait leurs places dans un monde d'hommes
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Les femmes font de plus en plus leurs places dans ce qui était autrefois des domaines exclusivement masculins. Trois d'entre elles sont venues discuter de leurs expériences lors d'un dîner-conférence tenu le 19 janvier dernier.

Elles sont garagiste et opératrice de machinerie lourde, et elles sont heureuses. Karine Ricard baigne dans le domaine depuis qu'elle est âgée de 14 ans. Son père était propriétaire d'un garage qu'il lui a vendu en 2005. Elle et sa sœur ont entrepris leurs études afin de suivre les traces de ce dernier. Contrairement à sa sœur, Karine a poursuivi son chemin. Elle raconte à quel point sa timidité a fait place à de l'assurance. «Quand tu es forcée de relever sans cesse des défis, ça forge le caractère.» Karine a dû affronter le cliché de la femme hors de son élément dans un univers de mécanique. Son père lui a d'ailleurs appris beaucoup de ce qu'elle sait aujourd'hui. Ce dernier souhaitait ardemment qu'elle connaisse le processus et qu'elle possède les bons outils.

Orgueil et persévérance

Le chemin s'est avéré très difficile au départ. Il y avait, et il y a en encore, très peu de femmes à la tête d'un garage. Karine avoue que plus d'une fois, son orgueil l'a forcée à se dépasser. Elle ne compte plus les occasions où le client lui a demandé : «Es-tu certaine de pouvoir me répondre?». Selon elle, c'est dans ces moments-là que l'entourage devient très important. Elle ajoute que c'est grâce à sa famille qu'elle a toujours su garder confiance en elle et en ses capacités. La mentalité d'aujourd'hui est beaucoup plus ouverte à la présence de femmes dans ces domaines. Karine souligne que le dernier employé embauché par son père a quitté le navire lorsqu'elle est devenue propriétaire.

Convaincre sa clientèle

«J'ai eu droit à tout en termes de remarques», avoue Karine avant d'ajouter que certaines étaient plus «crues» que d'autres. Ce genre de remarques ne l'a jamais dérangée durant sa carrière. Elle souligne que, quelques fois, des clients entrent dans son commerce sans même la regarder, en la considérant comme la secrétaire. D'autres vont carrément quitter les lieux, peu convaincus de sa compétence. La propriétaire souligne que ces réactions ne sont pas exclusivement masculines. «J'ai eu droit a quelques échanges verbaux avec des femmes qui voulaient à tout prix parler à un mécanicien, pas à une mécanicienne.»

Enlever ses lunettes roses

Pour Marie-Josée Lacombe, il faut prendre garde aux fausses attentes. L'opératrice d'équipement lourd a fait un choix plus logique qu'esthétique dans ses options de carrière. «Pourtant, j'ai toujours fait ce que j'ai voulu.» Elle souligne l'ambiance familiale dans laquelle elle travaille, à l'usine Kruger de Crabtree. Cette dernière ajoute qu'il y a désormais un respect qui s'est installé entre elle et ses collègues masculins. Elle note au passage, en souriant, une baisse drastique de son budget beauté. «Je n'ai pas à me casser la tête cinq jours sur sept, c'est formidable.»

Chercher la bonne personnalité

Nadya Lamothe est responsable des ressources humaines à l'usine Kruger de Crabtree. Elle préfère décrire son environnement comme un milieu industriel, plutôt que non traditionnel. Les femmes sont d'ailleurs de plus en plus présentes au sein de l'entreprise qui compte tout près de 25 % de personnel féminin. «Certains secteurs sont encore exclusivement masculins, mais ce n'est pas parce que la compagnie refuse d'y embaucher des femmes.» Mme Lamothe ajoute également qu'à compétence égale, son département va toujours pencher du côté de la personnalité du candidat, et non vers son sexe. Elle souligne que l'usine ne fait pas de sollicitation axée sur le personnel féminin, mais plutôt sur la personne qui va faire preuve d'audace. Selon elle, les femmes savent toujours un peu plus dans quoi elles s'embarquent lors des entrevues.

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