Bel exemple du pouvoir de l'UPA
La position de la Fédération des producteurs d'œufs du Québec à l'endroit d'une agricultrice à qui on interdit de donner des œufs à des organismes de charité de sa région est un bel exemple des conséquences du «pouvoir de l'UPA sur notre garde-manger», selon Benoît Girouard, président de l'Union paysanne.
«Tout le problème est dans cet exemple-là, dit-il. L'UPA n'est plus un syndicat, c'est devenu la multinationale des producteurs agricoles qui se bat contre ses propres membres, s'il le faut, pour préserver son système très lucratif.»
M. Girouard réagissait hier au texte publié la veille dans Le Journal de Montréal.
L'Union paysanne est un syndicat alternatif qui essaie, depuis 10 ans, de faire sa place dans le monde de l'agriculture.
M. Girouard est l'un des plus farouches critiques de l'UPA, qu'il accuse d'être devenue trop puissante et de ne plus représenter les petits et moyens agriculteurs.
«Tout monopole finit par se corrompre», dit-il.
Dans le même véhicule
C'est devenu au point où un employé de la Fédération des producteurs d'oeufs et un inspecteur du ministère de l'Agriculture du Québec visitent maintenant les fermes dans le même véhicule, comme ils l'ont fait à l'improviste à la ferme avicole de Danielle Rainvile, en avril dernier, pour lui décerner un avis de non-conformité pour avoir donné des œufs.
«Il y a quelque chose d'incestueux là-dedans», estime M. Girouard.
«Ce qu'il faut aussi retenir de cette histoire, poursuit-il, c'est que le syndicat veut contrôler les œufs de Mme Landreville, peu importent les impacts. C'est honteux.»
Le président de la Fédération des producteurs d'œufs s'est expliqué dans un communiqué de presse, hier.
«Depuis plusieurs mois, dit-il, la Fédération tente de trouver des solutions en collaboration avec les principaux intéressés, afin de s'assurer que les organismes sociaux ne soient pas pénalisés et puissent recevoir des oeufs qui rencontrent les normes de salubrité et règlements établis.»
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