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Tout le monde devrait avoir un médecin de famille

Alors que l'Entente générale régissant les conditions de travail de ses membres est échue depuis le 31 mars dernier, la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) souhaite que les représentants gouvernementaux saisissent l'occasion qui leur est offerte dans le cadre du renouvellement de cette entente pour mettre en place des conditions favorables permettant une réelle amélioration de l'accès à un médecin de famille et aux soins de première ligne au Québec.

Dès octobre 2008, il y maintenant près de deux ans donc, la FMOQ, dans le cadre de la publication de son Énoncé de principes pour une politique nationale sur la médecine familiale, sonnait l'alarme sur les conditions de pratique difficiles des médecins omnipraticiens et l'absence de véritables incitatifs à la pratique de la médecine familiale. Loin de s'améliorer, la situation s'est détériorée depuis. La pénurie de 1175 médecins omnipraticiens observée dans l'ensemble de la province, les 248 postes de résidence en médecine familiale non pourvus au cours des quatre dernières années dans nos quatre facultés de médecine et le fait que plus du quart des Québécois n'ont toujours pas de médecin de famille, soit plus que partout au Canada, sont des exemples éloquents de la crise qui touche la médecine de première ligne au Québec. Et la situation risque de se détériorer encore davantage au cours des prochaines années étant donné la retraite imminente de nombreux médecins omnipraticiens qui consacrent la majeure partie de leurs activités professionnelles à la prise en charge et au suivi de patients.

« L'accès à des soins de première ligne étant à la base de tout système de santé efficace, il est primordial que le gouvernement du Québec passe véritablement à l'action au cours des semaines et mois à venir en mettant en place des conditions de pratique intéressantes pour les médecins de famille. Il est urgent, entre autres, que le gouvernement québécois investisse davantage dans les soins de première ligne à l'extérieur du milieu hospitalier, qu'il procède à des modifications importantes sur le plan de l'organisation des soins afin de réellement encourager la prise en charge et le suivi de patients et qu'il offre une rémunération concurrentielle et équitable aux médecins généralistes », a déclaré le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le Dr Louis Godin, lors de son passage à Terrebonne dans le cadre de la réunion annuelle de l'Association des médecins omnipraticiens de Laurentides/Lanaudière.

Il est important de rappeler qu'uniquement dans les régions des Laurentides et de Lanaudière, il faudrait respectivement 139 et 104 médecins généralistes supplémentaires pour répondre aux besoins en soins de première ligne. Dans ce contexte de forte pénurie, la valorisation de la médecine familiale est incontournable et l'issue des négociations qui commencent véritablement pour le renouvellement de l'Entente générale des omnipraticiens sera déterminante. Voici les priorités et les objectifs de la FMOQ dans le cadre de ces négociations :

􀁸 Ramener à 20 % l'écart moyen de rémunération, sur une base annuelle, entre les médecins spécialistes et les médecins omnipraticiens ;

􀁸 Offrir un financement adéquat aux cliniques médicales afin d'en assurer la pérennité ;

􀁸 Mettre en place des incitatifs importants pour favoriser la prise en charge et le suivi de patients, de façon à améliorer l'accessibilité à un médecin de famille pour le plus grand nombre de Québécois ;

􀁸 Faire en sorte que le médecin omnipraticien ayant des activités de prise en charge et de suivi, quel que soit son milieu de pratique, reçoive le soutien professionnel, technique et administratif dont il a besoin pour s'acquitter de sa tâche;

􀁸 Obtenir une véritable reconnaissance du modèle unique de pratique des médecins omnipraticiens au Québec, en première et en deuxième ligne.

«Trop de Québécois ont actuellement de la difficulté à avoir accès à un médecin de famille. Tous s'entendent pour dire que ce constat est de plus en plus préoccupant, surtout dans le contexte où le Québec doit parallèlement faire face à un vieillissement important de sa population et à un mini « baby-boom » qui entraînent une demande accrue de soins. Il est donc urgent que le gouvernement pose des gestes concrets afin d'offrir à la fois un meilleur accès aux soins de première ligne aux Québécois et un environnement professionnel correspondant davantage aux aspirations légitimes des médecins omnipraticiens », a affirmé le Dr Godin.

Les négociations ayant trait au renouvellement de notre Entente générale constituent une occasion en or pour le gouvernement de montrer sa réelle volonté d'améliorer l'accès aux soins de première ligne. Nous espérons simplement qu'il la saisira et que nos propositions trouveront enfin une oreille attentive auprès des dirigeants gouvernementaux, car la valorisation de la médecine familiale est, sans conteste, dans l'intérêt de tous », a conclu le Dr Godin.

Syndicat professionnel représentant l'ensemble des médecins omnipraticiens du Québec, la FMOQ compte plus de 8000 membres. Sa mission consiste à veiller aux intérêts professionnels et scientifiques de ses membres. Pour plus de renseignements sur la FMOQ, consultez son site Internet au www.fmoq.org

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