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Gustave Malouin se souvient

Les Canadiens sont invités, encore une fois cette année, à célébrer la Semaine des anciens combattants du 5 au 11 novembre.

Des centaines de cérémonies sont organisées partout au pays pour rendre hommage à ces militaires pour tout ce qu'ils ont fait et pour honorer la mémoire de ceux et celles qui ont consenti le sacrifice ultime au nom de la paix et de la liberté. Gustave Malouin, 86 ans et résident de Joliette, figure parmi ces anciens combattants.

Il a bien voulu partager ses souvenirs avec le Journal de Joliette.

Son histoire

Né en 1924, Gustave Malouin n'avait que 17 ans quand il a décidé de joindre les Forces canadiennes en 1941, alors qu'il rêvait de sauver son pays.

Parti de la résidence familiale d'Amos, en Abitibi, c'est par train qu'il arrive à Montréal pour entreprendre sa formation militaire sur la Rive-Sud, à Longueuil.

Avait-il déjà peur à ce moment d'aller au front?

«Non, dit-il, je n'avais pas peur parce que j'étais jeune. Je savais qu'un jour j'irais au front me battre avec un ennemi. Je n'y pensais pas du tout.»

Ce jour arriva le 6 juin 1944, lors du célèbre débarquement des forces alliées sur les plages de la Normandie en France, un jour encore frais à sa mémoire dans ce point tournant de la guerre.

«J'étais avec le Régiment de La Chaudière. On a débarqué au matin. Comme sergent-instructeur, j'étais en charge d'une compagnie d'une centaine d'hommes. On avait de l'eau jusqu'à la ceinture. J'ai dit à mes hommes de tenir leurs carabines au-dessus de leur tête pour éviter qu'elles prennent l'eau. Je les avais formés pour le combat alors que les Allemands nous attendaient et tiraient partout, ajoute celui qui aura côtoyé et défié la mort.

L'hôpital

Blessé à une jambe, Gustave Malouin dira qu'il a été chanceux d'avoir pu continuer de marcher, et faire progresser ses hommes jusqu'en Allemagne.

«J'ai retiré des lignes un de mes hommes qui avait été blessé, avoue-t-il bien humblement, j'ai eu une médaille pour ça. On dirait que c'était dans moi de sauver des vies, je n'avais pas peur. C'était mon devoir d'être soldat», ajoute-t-il.

Un homme décoré

Des médailles, Gustave Malouin en a 13. Pour sa bravoure bien sûr, mais aussi des médailles de reconnaissance de ces villes françaises que lui et ses compagnons d'armes ont libérées, notamment Carpiquet et Caen.

Lendemains de guerre

La période de l'après-guerre aura été bien remplie pour cet ancien combattant.

Trois mariages, onze enfants, et la pratique de quelques métiers, dont ceux de policier, livreur et même cueilleur de tabac.

La retraite

Ce n'est qu'à 71 ans que Gustave Malouin prend officiellement sa retraite.

Souffrant du stress post-traumatique, sa santé est fragile et ses déplacements sont difficiles.

Il affirme néanmoins «vivre bien» avec ses allocations de l'armée et ses rentes.

Bien installé depuis 2002 à la résidence Marie-Clothilde pour les retraités qui ont besoin de soins particuliers, il écoule des jours paisibles avec sa conjointe et fréquente à l'occasion les bureaux de la Légion canadienne, sur la rue Lajoie.

M. Malouin apprécie le fait d'être reconnu comme ancien combattant et avoue n'avoir aucun regret.

«Ce que j'ai fait, je suis content de l'avoir fait. On dirait que je n'y crois pas que j'ai fait la guerre. Il y a une chose cependant, je ne voudrais pas recommencer!»

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