Euthanasie : le pourquoi et le comment
Quand j'accompagne quelqu'un, je ne me limite pas au pourquoi de tel geste ou de telle parole, mais, pour mieux connaître la personne, je tente de comprendre comment elle en est venue à dire et faire ce qu'elle me raconte. C'est dans cette optique que j'aborde le débat sur l'euthanasie et le suicide assisté. Non dans le pourquoi d'une telle demande, mais plutôt comment une société vient à penser que l'euthanasie et le suicide assisté sont des solutions dignes aux souffrances des malades?
D'abord, je pense qu'il est important de se demander si notre société n'est pas une société dépressive. Dans ce cas, la pratique de l'euthanasie (volontaire ou pas) ne serait-elle pas un moyen pour une société malade de se tuer?
Aussi, avant de prendre des décisions, ne serait-il pas judicieux de nous observer et voir comment nos idéaux contemporains nous influencent individuellement. Nous vivons dans une société où l'acquisition de biens, la rentabilité et la carrière sont valorisées et font partie du bonheur proposé. Mais advenant une maladie grave ou mortelle, serions-nous encore capables de nous estimer, n'étant plus aptes à travailler et à conduire notre grosse bagnole?
De plus, certaines personnes pensent que la baisse de «qualité de vie» et «la perte d'autonomie» seraient des arguments favorables à l'euthanasie. Notre devoir c'est de comprendre d'où viennent ces idées, si valorisées aujourd'hui. Par souci pour les autres, ne réduisons pas ce débat à nos angoisses «bébéboomiques» et à notre peur de souffrir. Je pense que le débat actuel serait une opportunité de valider nos valeurs et de vérifier si les sources en sont viables. Ne laissons pas réduire l'éventail de ce que peut être un être humain par nos valeurs économico-modernes nous identifiant comme des «consommateurs». Mais prenons le temps de voir si ce que nous faisons aujourd'hui est une avancée pour le genre humain.
Éric Tessier
Agent à l'engagement social et spirituel
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