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Des petites centrales à l'heure des surplus d'électricité

L'engagement d'Hydro-Québec d'acheter un bloc de 150 megawatts auprès de centrales de 50 MW et moins au Québec aura des retombées en région, mais plusieurs questionnent l'utilité du projet.

Rappelons que la société d'État planche sur l'achat d'électricité auprès de 13 nouvelles installations, dont 10 communautaires et trois privées. Le prix d'achat pour le courant sera de 7,5 cents le kilowatt/heure.

On évalue les retombées à 500 M$ au total. Environ 1200 emplois seront créés.

Néanmoins, certains observateurs se demandent si le moment n'est pas mal choisi pour lancer cette initiative.

Des surplus coûteux

Jean-François Blain, analyste en politiques et réglementation en matière d'énergie pour l'Union des consommateurs, souligne qu'Hydro-Québec Distribution prévoit des surplus durables d'énergie.

«Je vous rappelle que pour les années 2008-2009-2010, les approvisionnements disponibles inutilisés auront atteint 32,1 TWh sur trois ans», souligne cet expert.

«Dans ces circonstances, demande-t-il, est-il vraiment concevable que la ministre des Ressources naturelles se réjouisse de l'ajout inutile d'un bloc de 150 MW de livraisons additionnelles venant aggraver le coûteux problème des surplus ?»

Claude Garcia, collaborateur chez Argent, suggère que la société d'État ne faisait pas un choix libre. «C'est plus une décision du gouvernement. Québec a donné des ordres dans ce dossier-ci pour faire du développement régional.»

Il fait remarquer lui aussi que la situation des surplus coûte cher. «Hydro-Québec est devant la Régie de l'énergie pour demander encore une fois la suspension de la production de la centrale au gaz de Bécancour. Ça lui coûte 150 M$ par année.»

Les excédents d'électricité ont d'autres conséquences.

«Si Hydro ne réussit pas à les éponger, explique M. Garcia, elle ne prendra pas livraison d'électricité patrimoniale. Environ 2,2 terawatts n'ont pas été utilisés en 2009 parce que la demande a baissé. Ça a été exporté, ce qui est plus payant.»

Jean-Philippe Boucher, conseiller aux politiques à l'Union des municipalités du Québec, ne croit pas que les stocks inutilisés dureront. «Quand l'industrie sera relancée, les grands consommateurs vont recommencer à tirer du jus. Même si ces centrales d'appoint sont marginales, elles peuvent consolider le réseau.»

Leur lancement pourrait toutefois avoir une influence sur les tarifs d'Hydro, avance Claude Garcia. «Personnellement, je ne suis pas contre parce que nous ne payons pas assez cher pour l'électricité au Québec.»

Louis-Olivier Batty, porte-parole pour Hydro-Québec, vante avant tout l'intention de développement économique derrière le projet. «Avec ce programme d'achat, un des objectifs était d'avoir des projets avec lesquels l'ensemble des bénéfices revenaient à la communauté.»

Jean-Philippe Boucher voit dans ce genre de projet du potentiel d'avenir pour les villes. «Pour une municipalité comme Joliette qui peut produire et distribuer de l'électricité, les petites centrales permettent d'offrir un avantage concurrentiel à des entreprises. Les municipalités peuvent devenir partenaires de la stratégie énergétique du Québec.»

Les petites centrales en bref

- Lancé le 15 juillet 2009;

- En tout, 31 soumissions totalisant 356 MW ont été reçues;

- Un des plus importants promoteurs au Québec: Boralex (6 centrales hydroélectriques (puissance installée combinée : 27 MW).

Retombées de tous les projets d'Hydro

- Pour la période 2005-2020, les principaux projets de production représentent des investissements de 14,4 G$;

- Pour la seule année 2009, le volume des activités de construction a atteint 2,7 G$.

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