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Vieillissement de la population : des chiffres inquiétants

Le nombre d'aînés ayant besoin de soins de longue durée devrait doubler au Québec d'ici à 2031 et même tripler dans certaines régions.

Telle est la conclusion d'une étude menée par le chercheur Robert Choinière, qui plaide pour une importante révision de l'organisation des soins de longue durée au Québec.

En 2006, on comptait un million de personnes de 65 ans et plus, mais l'arrivée massive des baby-boomers devrait faire exploser les effectifs des aînés à 2,3 millions en 2031.

Le nombre de bénéficiaires de soins de longue durée en institution passera de 90 000 en 2006 à plus de 200 000 en 2031, et la clientèle recevant des soins à domicile devrait augmenter et atteindre jusqu'à 292 000 personnes au cours de la même période.

Ainsi, M. Choinière estime que le bassin de personnes nécessitant des soins de longue durée pourrait être de 491 000.

D'ici là, le nombre de personnes de 65 à 74 ans augmentera à un rythme de plus de 100 000 tous les cinq ans, alors que la population active, les personnes de 20 à 64 ans, verra ses effectifs augmenter moins rapidement et même subir une diminution entre 2016 et 2031.

Le directeur adjoint de l'Institut national de santé publique signale que ce changement draconien de ratio aura des impacts importants sur la viabilité financière des régimes s'adressant aux personnes âgées financés à partir des fonds publics.

Les régions qui devraient enregistrer la plus forte croissance de besoin sont les Laurentides, Lanaudière et l'Outaouais, avec une demande multipliée par 2,8, alors que Montréal se démarque avec l'indice de vieillissement le plus faible, qui entraîne tout de même une hausse de 60%.

Dans la Capitale-Nationale, le nombre de personnes nécessitant des soins de longue durée serait multiplié par 2,2.

Coûts déjà importants

« Ce vieillissement entraînera des répercussions considérables sur les dépenses reliées aux soins à domicile et aux soins continus fournis dans les établissements », écrit le chercheur.

Déjà, de 1998 à 2008, les dépenses relatives à une catégorie d'établissements constituée majoritairement de centres réservés aux personnes âgées se sont accrues de 65% au Québec.

En 2008, le Québec y consacrait 675 $ par habitant, comparativement à 522 $ au Canada.

Le Québec affiche d'ailleurs la deuxième plus haute proportion de dépenses totales de santé consacrées à cette catégorie d'établissements au pays (14,4%), derrière Terre-Neuve-et-Labrador (14,9%).

Puisque le nombre de personnes de 65 ans et plus devrait s'accroître de 3 % par année, Robert Choinière estime que les dépenses en santé au Québec doivent être haussées dans la même proportion, uniquement pour couvrir la recrudescence des demandes pour les soins de longue durée en établissement et à domicile.

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