Organisation mondiale de la santé
La COVID-19 permet d'apprendre l'alphabet grec, un variant à la fois
L’alphabet grec a fait son entrée sur la scène mondiale et dans le lexique quotidien au sujet des vagues de COVID−19 alors que l’Organisation mondiale de la santé a commencé à nommer des variants par des lettres grecques.
À mesure que les variants mutaient, d’Alpha à Delta, puis à Omicron, les gens ont commencé à prendre note des 24 lettres grecques. Omicron est la quinzième lettre de l’alphabet grec. Omega en est la dernière.
En juin, un comité d’experts dirigé par un groupe de travail de l’Organisation mondiale de la santé a annoncé qu’il utiliserait les lettres de l’alphabet grec pour nommer les variants.
«Celles−ci seront plus faciles à retenir et plus pratiques à utiliser que les désignations alphanumériques», ont−ils écrit dans la revue Nature.
«L’alphabet grec est bien établi comme étant générique, car les noms de ses lettres individuelles ont déjà été utilisés à de multiples fins», avaient−ils ajouté.
Mark Pallen, l’un des auteurs de l’article, a déclaré que la méthode scientifique d’utilisation des lettres et des chiffres était lourde et déroutante. La plupart des gens ont eu recours au nom du lieu où le variant a été découvert pour la première fois, créant une stigmatisation pour ce pays, a−t−il noté.
«Et donc, il y avait une reconnaissance que quelque chose de plus facile et rapide était nécessaire.»
Peu de temps après, l’Organisation mondiale de la santé a décidé d’utiliser des lettres grecques.
C’était «un peu un oubli», a−t−il déclaré en entrevue, que personne n’ait demandé la permission aux Grecs.
«Et nous avons fait cette erreur, une erreur assez courante, a dit M. Pallen, professeur de génomique microbienne à l’Université d’East Anglia à Norwich, en Angleterre. Quand les gens parlent des Grecs, ils font souvent référence aux Grecs anciens, et ils oublient que les Grecs existent toujours en tant que nation.»
Mais il semble que les Grecs aient ignoré l’association de leur langue aux variants avec le stoïcisme classique.
Le professeur Panayiotis Pappas, qui dirige de département de linguistique de l’Université Simon Fraser, en Colombie−Britannique, et qui utilise des pronoms non binaires, a déclaré que «la vérité est qu’il est insignifiant» pour tout Grec que les lettres soient utilisées pour nommer des variants mortels.
Et ce ne sont pas seulement les lettres, car «tant» de mots grecs sont utilisés en science, a déclaré le professeur Pappas en entrevue.
Le professeur de linguistique lit les journaux grecs et les a parcourus à la recherche de réactions aux lettres utilisées pour nommer les variants.
«Il y a beaucoup d’autres maladies mortelles qui portent des noms grecs, et nous ne nous en plaignons pas», a−t−il mentionné.
Le professeur Pappas a grandi dans le nord de la Grèce sur une petite île appelée Thasos avant de déménager aux États−Unis pour ses études, puis de travailler à l’Université Simon Fraser.
«Les Grecs ne se soucient même pas si les mots sont mal prononcés ou quelque chose comme ça, a−t−il déclaré. Ils ont toujours considéré comme une fierté que, vous savez, nous ayons une civilisation vieille d’environ 3000 ans et que nous puissions contribuer à la science occidentale.»
Tom Archibald, un professeur de mathématiques à l’Université Simon Fraser, a étudié le grec au secondaire en Ontario pendant trois ans. Sa connaissance du grec moderne est «assez mauvaise», dit−il, mais il peut le lire à l’aide d’un dictionnaire.
«Tout mathématicien qui travaille connaît fondamentalement l’alphabet grec, même s’il ne peut pas le réciter dans l’ordre», a−t−il lancé.
Le professeur Pappas a déclaré que l’utilisation de l’alphabet grec pour nommer les variants a suscité un plus grand intérêt pour les cours de langue.
«La seule chose que nous avons constaté (est) une légère augmentation de la linguistique dans nos cours, qui explique les origines des langues et des mots, ce que nous appelons la science de l’étymologie, car de plus en plus d’étudiants s’intéressent aux domaines des sciences de la santé, où beaucoup de l’arrière−plan du mot anglais est soit grec, soit latin», a affirmé le professeur.
«Nous proposons des cours qui fournissent ces explications, et ceux−ci ont connu une popularité croissante. Les gens ne veulent pas apprendre la langue en soi, mais ils veulent comprendre d’où viennent ces mots», a−t−il ajouté.
Hina Alam, La Presse Canadienne
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