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Reconstruction de l'hôpital Maisonneuve-Rosemont: le PQ «veut la date de la pépine»

durée 13h32
3 avril 2025
La Presse Canadienne, 2024
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4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2024

MONTRÉAL — Si le gouvernement caquiste de François Legault ne revient pas sur sa décision de reporter le projet de reconstruction de l’hôpital Maisonneuve Rosemont, à Montréal, il faudra en déduire qu’il agit par motivation politique et électoraliste, soutient le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon.

«Il faut se poser la question: est-ce qu'il y a un lien entre les probabilités de gagner dans une circonscription et le choix des projets? Je ne pourrais pas prouver cette hypothèse, mais on est obligés de la soulever lorsqu'on constate qu'il n'y a pas d'autre explication logique et solide fournie par le gouvernement», s’est-il insurgé, jeudi, lors d’une conférence de presse à l’extérieur de l’institution en compagnie de représentants syndicaux et des usagers.

Le chef péquiste a dénoncé sans retenue le gouvernement Legault et a balayé du revers de la main l’affirmation du ministre de la Santé, Christian Dubé, voulant que le projet ne soit pas prêt et que l’annonce a été précipitée. Après vérification, dit-il, «le projet, il est prêt, donc on est ici devant une décision politique et non pas une décision liée à l'état d'avancement du projet».

M. St-Pierre Plamondon, qui est député de Camille-Laurin dans l’Est de Montréal, estime que ses commettants se trouvent démunis avec cet hôpital dont il a fait une description brutale, mais honnête.

Institution en décrépitude

«L'état des lieux est à la limite de ce qui est descriptible», a-t-il déclaré en faisant état de fuites d'eau, de la présence d’écureuils. «Il n’y a pas de ventilation, il n'y a pas d'air. L'été, les nouveaux-nés sont dans des pièces où il fait jusqu'à 45 degrés de sorte qu'ils font de la fièvre, mais qu'on ne sait pas si c'est une fièvre qui est induite par l'environnement ou si c'est une infection.»

«Il y a de la neige qui entre à certains endroits. J'ai vu des fenêtres "tapées" avec du "duct tape". Des chambres avec 12 personnes», a-t-il énuméré.

À ses côtés, la porte-parole du Syndicat canadien de la fonction publique, Sonia Bureau, en a rajouté. «L'hôpital est complètement désuet, ce qui vient mettre en danger les patients qui sont dans des chambres surchauffées ou trop froides si on ouvre juste un peu trop la fenêtre l'hiver. Dans des corridors coincés, essayer de faire marcher des patients avec une marchette, un poteau et un soluté, c'est dangereux», des conditions a-t-elle fait valoir, qui nuisent à l’attraction et à la rétention du nouveau personnel. «Les nouveaux arrivent, ils regardent ça, ils trouvent ça beaucoup trop difficile et repartent aussitôt.»

Nathalie Chalifoux, dont le syndicat représente des technologues, techniciennes et technologistes médicales, a parlé de laboratoires où «l'espace est tellement restreint qu'on n'est pas capables d'intégrer de nouveaux appareils, de la nouvelle technologie et faire avancer la recherche».

«Le dévouement du personnel compense trop souvent les failles du bâtiment», a de son côté fait valoir le président du Comité des usagers de l’hôpital, Patrick Cothenet.

«La CAQ n'est pas fiable»

Rappelant que la CAQ avait promis à son arrivée au pouvoir le nouvel hôpital et le développement du REM de l’Est, «huit ans plus tard, ce n’est que du vent», a pesté le chef péquiste. «La CAQ n'est pas fiable, ne tient pas sa parole, mais quand il est question de la santé et de la vie des gens, ça prend une autre dimension», a-t-il dénoncé.

Il dit avoir espoir que la CAQ change d’idée à quelques jours du sommet de l'Est, qui s’ouvrira lundi, sans quoi elle risque de retrouver les citoyens sur son chemin. «Je sens que, parce que la vie des gens est en danger, il y un autre ton et un autre momentum qui s'installe où il va y avoir un changement de cap ou simplement il va y avoir de plus en plus de mobilisation.»

Il a profité d’un événement en cours pour asseoir son argument sur les risques pour la santé et pour la vie. «En ce moment, il y a un des ascenseurs qui est bloqué. Un membre du personnel a été pris dans l'ascenseur de sorte que les pompiers sont venus à la rescousse de la personne. Ces mêmes ascenseurs servent à des transferts d'urgence des patients entre les étages. Quand on parle de risque pour la santé et la vie, c'est très concret et précis.»

«Gênant et honteux»

«Il y a des députés et des ministres dans ce gouvernement qui vont devoir prendre la parole parce que c'est gênant et c'est honteux en termes d'absence de représentation démocratique pour les gens de l'Est de Montréal», a-t-il reproché, promettant qu’«un gouvernement du Parti québécois enverra la pépine dans les mois qui suivront son élection», si la CAQ ne revient pas sur ce qu’il a qualifié de «volte-face inacceptable».

Le refus d’aller de l’avant, ajoute-t-il, ne fait qu’aggraver le problème. «Plus on attend, plus c'est difficile, plus ça coûte cher sur le plan économique. Entretenir cet hôpital coûte une fortune parce que c'est à coup de dizaines de millions parce que tout est cassé. Ce n'est même pas intelligent sur le plan financier», a-t-il déploré, soulignant qu’il a déjà fallu injecter 25 millions $ pour refaire l’électricité et un autre 50 millions $ pour réparer les dommages causés par l’eau et le système d’évacuation des eaux usées.

«On veut la date de la pépine. On veut la date où les travaux seront commencés, où de manière transparente on a les calendriers, les budgets», a réclamé Paul St-Pierre Plamondon alors qu’il venait d’aller visiter l’hôpital avant son point de presse.

Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne