Le FBI décrit l'arrestation d'un suspect impliqué dans la tuerie de Tumbler Ridge
Le FBI a décrit l'arrestation du complice présumé de la tuerie de Tumbler Ridge, en Colombie-Britannique, précisant que James Bryant avait été calme et «sans surprise particulière» quand des agents se sont présentés mardi à son appartement de Bellingham, dans l'État de Washington.
W. Mike Herrington, agent spécial responsable du bureau local du FBI à Seattle, a affirmé vendredi lors d’une entrevue que Bryant estimait ne pas être criminellement responsable, car son implication n'était pas directe dans le meurtre de huit victimes perpétré le 10 février par Jesse Van Rootselaar.
Mais M. Herrington a précisé que Bryant avait «parfaitement conscience» des risques encourus pour avoir discuté de projets d'attaque avec la tireuse, qui est morte par suicide à l’école secondaire de Tumbler Ridge, où la plupart des victimes ont perdu la vie.
«C'était une arrestation vraiment pacifique», a affirmé M. Herrington, précisant que les agents avaient interpellé Bryant après s’être assurés que la personne suspecte était rentrée chez elle après son quart de travail en restauration rapide.
«Nos agents sont entrés en contact et lui ont demandé une rencontre une fois que Bryant aurait terminé son quart de nuit. Une fois ce quart fini, ils sont venus à son appartement et ont été capables de l'arrêter dans le calme.»
Des accusations pour complot en vue de commettre un meurtre à l'étranger ont été déposées à l'encontre de Bryant cette semaine dans l’État de Washington. Une plainte détaillée du FBI cite des mois de conversations en ligne avec Van Rootselaar au cours desquelles le duo aurait discuté de tactiques, de cibles et de tentatives de diffusion en direct de l’attaque.
Certaines informations divulguées aux États-Unis, mais pas au Canada
La plainte comprend également des photos qui auraient été échangées entre Bryant et Van Rootselaar, ainsi que des descriptions des armes de l’agresseuse et de ses motivations possibles, qui n’avaient pas été rendues publiques par la Gendarmerie royale du Canada (GRC).
M. Herrington a affirmé vendredi que la divulgation d’un éventail aussi large de détails n’était pas courante, mais que celle-ci se justifiait par l’«intense» intérêt public canadien.
Il a ajouté que cela reflétait également leur «confiance dans la solidité du dossier».
«Le bureau du procureur général du district Ouest de Washington décidera ultimement des éléments qu'il souhaite inclure», a-t-il précisé.
«Dans certains cas, nous nous montrerons un peu plus réticents à divulguer des informations, car nous estimons que cela pourrait parfois amener les gens à préjuger de l’affaire ou, d’une manière ou d’une autre, compromettre l’intégrité de la procédure pénale à venir.»
Il a toutefois précisé que, dans le cas de Bryant, la divulgation de ces informations ne présentait aucun «risque significatif».
La plainte fait état de discussions antérieures entre le FBI et Bryant, bien que M. Herrington ait précisé qu’aucun interrogatoire n’avait été mené avec Bryant depuis son arrestation.
La plainte allègue que Bryant a tenté de diffuser en direct la tuerie de masse sur la plateforme Twitch afin d’en «amplifier» l'impact, mais que la diffusion n’a duré qu’une vingtaine de secondes, montrant la tireuse armée à l’intérieur d’un véhicule.
Les conversations citées dans la plainte indiquent que Bryant aurait suggéré à Van Rootselaar des lieux à cibler, et que la «loyauté mal placée» ainsi que la volonté de Bryant à opérer la diffusion en direct auraient pu encourager la tireuse à mener à bien son attaque.
M. Herrington a ajouté que les politiques et les cadres juridiques canadiens étaient plus restrictifs en matière de divulgation d’informations, mais que les autorités américaines et la GRC discutaient activement de ce qu’il convenait de divulguer, dans le cadre d’«un équilibre difficile à trouver, car il existe des intérêts très réels en matière de vie privée pour toutes les personnes concernées».
«Je pense que nous sommes pleinement conscients de notre relation avec la GRC et les autorités canadiennes, ainsi que de l’importance capitale de protéger l’intégrité non seulement de notre enquête (mais aussi) de la leur», a-t-il dit.
«Je dirais donc que si la GRC exprimait un malaise face à notre divulgation d’informations allant au-delà de ce qu’elle juge acceptable, nous prendrions cela très au sérieux et que (...) nous nous y conformerions probablement, car ce que nous ne voulons pas, c’est de divulguer des éléments susceptibles de nuire à leur enquête, aux éventuelles poursuites qu’elles pourraient envisager, et à leur organisation en tant que telle.»
La GRC a indiqué que son enquête sur l’attaque était en cours.
Elle a refusé de fournir des détails sur les armes utilisées lors de l’attaque, invoquant «des procédures judiciaires en cours au Canada».
Chuck Chiang, La Presse Canadienne

