L'Association médicale mondiale s'engage contre les fausses informations sur la santé
MONTRÉAL — L'Association médicale mondiale (AMM) a adopté samedi une politique pour lutter contre les fausses informations sur la santé.
Cette initiative, dirigée par l'Association médicale canadienne et le Conseil national de l'Ordre des médecins, appelle les gouvernements et les autorités sanitaires à mettre en place des stratégies pour réduire la propagation de fausses informations sur la santé.
La prise de position en 27 points prévoit aussi que des mesures soient déployées pour renforcer la transparence et responsabiliser les plateformes de médias sociaux, de sorte que leurs contenus préjudiciables soient retirés et que des sanctions soient prévues.
Le document précise que l'expression «fausses informations sur la santé» est utilisée afin d'éviter la distinction entre la mésinformation, où une erreur est partagée involontairement, et la désinformation.
Il note que cela ne concerne pas le débat scientifique légitime, et que les médecins peuvent toujours exprimer des positions s'écartant du consensus à condition que ce soit fait de bonne foi, en toute transparence et avec l'appui de données probantes.
Le fait de partager une hypothèse n'est pas condamné en soi, mais le faire en la présentant comme un fait avéré peut l'être.
Le Dr Jung Yul Park, président de l'AMM, affirme que les voix des médecins se perdent «de plus en plus dans le flot de fausses informations et de contenus trompeurs en ligne, en particulier sur les médias sociaux».
«Avec l'essor de l'IA, qui permet désormais de diffuser à grande échelle des hypertrucages médicaux très réalistes, cette désinformation représente une menace mondiale pour la sécurité de la patientèle et la confiance du public. La situation nécessite de toute urgence une réponse internationale coordonnée», a -t-il déclaré dans un communiqué.
Dans sa prise de position, l'AMM a fait valoir que les fausses informations pouvaient mener les patients à «rejeter des traitements qui ont fait leurs preuves, reporter des soins nécessaires, interrompre un traitement fondé sur des données probantes ou adopter des pratiques nocives».
Alexis Drapeau-Bordage, La Presse Canadienne

