Nous joindre
National

Jour 38: les chefs cherchent à consolider leur message à deux jours du vote

Jour 38: les chefs cherchent à consolider leur message à deux jours du vote
Photo: La Presse Canadienne, 2026

À deux jours du vote au Québec, les chefs ont martelé ce qui les distingue de leurs rivaux, Paul St-Pierre Plamondon déclinant le programme des 100 premiers jours d'un éventuel gouvernement péquiste, Christine Fréchette prônant sa «troisième voie» nationaliste et Charles Milliard mettant en garde contre les risques économiques du projet d'indépendance. À la lumière d'un nouveau sondage, Éric Duhaime aspire à obtenir 20 % des voix lors du scrutin de lundi, et Ruba Ghazal a dit que sa formation était la seule à ne pas être influencée par les idées de droite du chef conservateur.

Le chef péquiste a résumé ainsi le dilemme dans la tête de plusieurs électeurs: «Est-ce que je vote pour une opposition parce que la CAQ a trahi ma confiance?»

Cherchant à rallier ces appuis face à la possibilité pour le PQ de former un gouvernement majoritaire, Paul St-Pierre Plamondon a affirmé que son parti «veut une vraie chance de faire la différence» et ne pas retourner en élections dans un an ou un an et demi.

M. St-Pierre Plamondon a présenté samedi ses priorités pour les 100 premiers jours d’un gouvernement du Parti québécois, notamment de «faire le ménage dans le gaspillage et la bureaucratie» avec l'aide d'un Secrétariat à l’efficacité gouvernementale et à l’allègement réglementaire.

Il s'agirait aussi de débloquer un budget spécial pour l'itinérance; de détaxer les biens usagés; de baisser la taxe sur l’essence; de réinvestir dans les organismes d’aide et de sécurité alimentaire; de reprendre le contrôle du système d’immigration en réduisant les seuils et de lancer les États généraux sur l’éducation à l’hiver 2027.

Le «Brexit»

Le chef libéral, Charles Milliard, a mis en garde les électeurs contre les risques économiques du projet souverainiste du Parti québécois.

Devant les journalistes, il a fait valoir que le PLQ, pour sa part, «n'amputera pas des opportunités économiques».

M. Milliard a repris à son compte l'argument présenté vendredi par le ministre des Finances, et candidat caquiste dans Groulx, Eric Girard.

Ce dernier prévenait qu'un «Québec indépendant, souverain, serait plus pauvre» et pourrait perdre jusqu'à 65 milliards $ de son activité économique, selon certains scénarios.

M. Milliard a invité les électeurs à s'attarder à la contraction économique subie par le Royaume-Uni après son retrait de l'Union européenne.

«De toute évidence, les Anglais regrettent, dans une grande majorité, de s'être séparés de l'Union européenne», a déclaré M. Milliard en mêlée de presse à Lachute, samedi.

Il a ajouté que le «projet du (chef péquiste) Paul St-Pierre Plamondon est archaïque par rapport à la réalité économique».

Le chef libéral a dit ne rien concéder à 48 heures du vote, alors que les sondages placent toujours son parti en deuxième position, derrière le PQ.

«Absolument rien n'est joué», a-t-il maintenu devant ses militants.

La «troisième voie» de la CAQ

La cheffe caquiste, Christine Fréchette, a voulu rappeler l'importance de l'existence de la «troisième voie» qui permet de sortir du «sempiternel» débat entre fédéralistes et souverainistes.

À deux jours du scrutin, elle a invité les électeurs qui «ne veulent pas s'engager dans cette division-là à nouveau» à voter pour la Coalition avenir Québec.

«Je pense que les Québécois sont à l'heure, maintenant, où ils veulent être autre chose politiquement. C'est ce qu'incarne la troisième voie que nous portons», a dit Mme Fréchette, évoquant l'importance d'une économie forte et les volets «nationaliste» et «économique» au sein de son parti.

En mêlée de presse à Longueuil, Mme Fréchette était accompagnée de plusieurs candidats, dont Ian Lafrenière et Nathalie Roy.

En marge de l'événement de campagne, Mme Roy a confié qu'elle ne faisait pas campagne dans la circonscription de Montarville en défendant les idées et le bilan de sa formation politique, pourtant au gouvernement depuis huit ans. Son argument: elle est encore présidente de l’Assemblée nationale et donc «neutre». Elle qualifie son approche d’«inédite».

Questionnée sur les déclarations de sa candidate, Mme Fréchette a répondu: «Mme Roy est en phase avec le bilan de la Coalition avenir Québec.»

La cheffe caquiste a aussi été questionnée sur une vidéo de Bernard Drainville, son ancien adversaire dans la course à la chefferie.

Dans un message de cinq minutes diffusé sur les réseaux sociaux vendredi soir, M. Drainville, candidat caquiste dans Lévis, ne mentionne pas une seule fois la Coalition avenir Québec ni sa cheffe, Christine Fréchette.

Il défend plutôt son bilan et affirme que la survie de la troisième voie passe par sa circonscription. Il assure que, peu importe l'issue des élections, il sera là pour les citoyens de Lévis et pour le Québec.

Christine Fréchette n’a pas fait grand cas de la sortie de M. Drainville.

«Il lance un dernier appel à ses électeurs pour le vote de lundi. Il est engagé dans son comté comme nul autre, notre Bernard, et puis il fait cet appel-là parce qu'on est à 48 heures du vote», a-t-elle dit.

Le PCQ, groupe parlementaire reconnu

Le chef conservateur, Éric Duhaime, aspire à obtenir 20 % des voix lors du scrutin de lundi, ce qui permettrait à sa formation politique de devenir un groupe parlementaire reconnu selon les règlements de l'Assemblée nationale. Un statut qui permet notamment un temps de parole plus long.

En mêlée de presse à Québec samedi matin, M. Duhaime a réagi à la publication d'un sondage Léger effectué pour le compte des médias de Québecor, qui rapporte que le PCQ obtient dorénavant 20 % des intentions de vote.

Un parti politique qui fait élire au moins 12 députés ou un parti qui a obtenu au moins 20 % des voix aux élections est reconnu comme groupe parlementaire.

«J'avais juste parlé de 12, parce que je ne pensais pas que l'autre était atteignable, très honnêtement, a dit M. Duhaime. C'est sûr que le 20 % serait rassurant.»

Il a invité les citoyens de tous âges à aller voter lundi, faisant valoir que plusieurs circonscriptions sont «pivots».

Selon le sondage Léger-Le Journal/TVA Nouvelles, publié samedi, le Parti québécois est en tête des intentions de vote, à 29 %, suivi du Parti libéral, à 25 %, et du Parti conservateur, à 20 %. Viennent ensuite la Coalition avenir Québec, à 14 %, et Québec solidaire, à 11 %.

QS pas influencé par Duhaime

À deux jours du scrutin, la co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Ruba Ghazal, a appelé samedi les électeurs qui sont inquiets de la présence des idées de droite à l'Assemblée nationale à voter pour son parti.

Selon elle, sa formation politique est la seule à ne pas être influencée par les idées du chef conservateur Éric Duhaime.

Québec solidaire a aussi voulu se présenter comme un rempart contre l'austérité et les coupes budgétaires des autres partis.

«Ils (les électeurs) le voient qu’il y a une influence des idées de droite, de coupes, d’austérité d’Éric Duhaime, qui sont copiées par les autres partis politiques», a soutenu Mme Ghazal.

En point de presse dans l'arrondissement du Sud-Ouest, à Montréal, samedi après-midi, Mme Ghazal a fait valoir que QS est le seul choix pour les électeurs qui ne veulent pas voir les services publics se dégrader.

Dans son cadre financier présenté au début septembre, QS avait dit évaluer ses promesses à près de 10,5 milliards $ sur quatre ans et estimer pouvoir les financer en grande partie avec sa proposition de taxe sur les ultrariches.

QS a rappelé ses mesures visant à contrôler le prix des loyers, investir de façon importante dans le transport en commun et faire baisser le coût de l'épicerie.

La Presse Canadienne